Le mal chez Freud, sa double provenance comme problème à sa responsabilité par Olivier Dussault

Préface

Le texte qui suit a été écrit au courant d’une session à l’étranger, en Suisse, comme exigence pour un cours de philosophie du mal. Durant ce cours, nous avons étudié une question fondamentale de l’émergence du mal, soit la théodicée. Ce questionnement met de l’avant le paradoxe de l’existence du mal, dans un monde façonné à l’image de son créateur, en l’occurrence Dieu. À bien y penser, tout ceci peut sembler banal d’un œil athée, mais tout l’exercice de questionnement entourant la théodicée apporte une compréhension de notre rapport au bien et au mal. Le texte est donc partagé dans sa forme originale, basée sur ma compréhension des écrits que j’ai eu à lire durant mon semestre d’échange pour le cours sur la philosophie du mal et pour un cours sur la philosophie au défi de la psychanalyse.

Problématique

Dans l’ensemble de ses écrits, correspondances, rectifications et rééditions, Sigmund Freud donne l’impression de vouloir répondre à plusieurs, sinon toutes les grandes questions par la théorie qu’il a édifiée, soit la psychanalyse. Il entreprend d’expliquer la possibilité de la mort biologique jusqu’à l’établissement de la culture en le comprenant comme des jeux de pulsions, fondement de la théorie analytique. Freud mentionne même la théodicée lorsqu’il pose la question suivante : « Dieu n’a-t-il pas fait l’Homme à l’image de sa propre perfection ? Et nous n’aimerons pas qu’on nous rappelle combien il est difficile de concilier […] l’indéniable existence du mal avec la toute-puissance et la souveraine bonté divine » (1930, p.43). Ainsi, dans ses écrits plus récents, L’avenir d’une illusion et Malaise dans la civilisation, le sujet du mal est abordé, mais semble plutôt s’expliquer comme étant une conséquence de l’apparition de la culture. Pourtant, dans son ouvrage Le ça et le moi, il explique les comportements de destruction chez l’être humain en opposant son concept de libido, manifestation d’une pulsion de vie, à la pulsion de mort. En réponse au problème de la théodicée, il semble endosser l’explication dualiste d’un Dieu et d’un Diable pour expliquer cette apparente contradiction soulevée par la question en spécifiant que « Le Diable est encore le meilleur subterfuge pour disculper Dieu » (1930, p.43). Cette prise de position est importante, car il l’utilise comme une analogie pour l’Homme en la comparant à ces différents jeux de pulsion. Lorsque nous suivons le développement de sa pensée au travers de ses écrits, le mal semble avoir une double provenance, départageant ainsi la responsabilité de ce phénomène. Selon la conception de l’Homme de Freud, le sujet est-il responsable du mal ?

 

Provenance du mal 

Définition pulsionnelle du mal

Comme dans la plupart des écrits freudiens, un exercice de réflexion est nécessaire afin de consolider l’information dans un tout cohérent. Pour la question du mal, ce n’est pas différent. En faisant ce travail de déchiffrage, nous pouvons nous apercevoir que la définition que fait Freud du mal se traduit par un besoin, ou une pulsion tel qu’évoquée plus haut. Dans son ouvrage malaise dans la civilisation, Freud reprend un passage de Matthieu (5:44) « Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent ». Il tente ainsi de démontrer la contrainte ridicule qu’elle impose à l’Homme. Il soulève le fait que l’Homme, dans sa composition pulsionnelle n’est pas enclin à aimer son ennemi, mais serait plutôt « tenté de satisfaire son besoin d’agression aux dépens de son prochain, d’exploiter son travail sans dédommagements, de l’utiliser sexuellement sans son consentement, de s’approprier ses biens, de l’humilier, de lui infliger des souffrances, de le martyriser et de le tuer » (1930, p. 37-38). Justement, Freud considère que le mal n’est souvent pas quelque chose qui met en danger l’Homme, mais plutôt quelque chose qui « lui est souhaitable et lui procure un plaisir ».

Développement du Moi et homéostasie.

Ainsi, le mal provenant de l’individu lui-même peut être compris par cette tendance à la destruction, la pulsion de mort, qui expliquerait certains phénomènes comme le suicide ou le meurtre. Bref, la destruction du sujet ou de l’objet, source d’angoisses ou de désir, est effectué afin de rétablir une homéostasie biologique. Ces deux exemples sont très bien soutenus par cette tentative de Freud de comprendre les jeux de forces énergétiques qui mobilisent l’humain. Cette pulsion de mort proviendrait de la couche de l’appareil psychique la plus archaïque ontologiquement, le Ça. Cette instance, qui se confronte au monde externe par la couche perceptuelle serait amené à l’émergence d’un Moi partiellement conscient. L’impossibilité du Ça de se mouvoir dans le monde externe se sert donc du Moi comme une instance mobilisatrice afin de répondre aux pulsions libidinales et destructrices provenant des profondeurs. Jusqu’ici, nous sommes en mesure d’expliquer le mal fait sur un objet et sur le sujet. Par exemple, lorsqu’un besoin émerge cela crée une certaine tension, ou un déséquilibre homéostatique, qui mobilise l’organisme vers la réduction de cette tension. Lorsqu’un objet de désir est trop menaçant et empêche le retour à l’équilibre, le Moi peut mobiliser l’organisme afin de détruire cette source de tension. Cette pulsion de destruction peut aussi revenir contre soi et s’introjecter par un processus appelé le refoulement. Ce processus survient lorsque la source de désir est inaccessible ou interdite, ce qui donne un nouvel objet à la pulsion destructrice, en l’occurrence, soi-même. Effectivement, si nous sommes dans l’impossibilité de détruire la source de tension externe, nous serons portés à détruire celle qui provient de l’intérieur. C’est dans cette optique que Freud écrit « c’est un fait remarquable que moins l’Homme devient agressif par rapport à l’extérieur, plus il devient sévère, c’est-à-dire agressif dans son [Moi] » (1923, p. 42). Maintenant, tentons de comprendre d’où provient la restriction qui pousse l’individu à investir ses pulsions destructrices de façon narcissique.

Civilisation, contrainte à la pulsion et culpabilité

Tout d’abord, il faut tenter de comprendre comment l’organisation en communauté s’effectue selon ce jeu pulsionnel, ce que Freud précise dans l’ouvrage Malaise dans la civilisation. Cet ouvrage commence par un questionnement sur la quête du bonheur comme étant la seule finalité de l’Homme. Freud établit que l’amour sexuel donne à l’être humain, la « plus grande satisfaction de son existence et constitue pour lui […] le prototype de tout bonheur » (1930, p. 31), lui donnant ainsi une importance capitale et centrale dans la vie humaine. Cette tendance expliquerait ce qui pousse les humains à se réunir, à former des couples, des familles, des communautés, puis une civilisation. Pour faire progresser la compréhension, il traite des trois sources du mal-être : la puissance de la nature, la finitude de notre corps et l’impossibilité d’avoir une emprise totale sur les rapports humains. Les deux premières sources ne traitent que du mal qu’un individu ou un groupe peut ressentir, tandis que le troisième parle du mal qu’un individu peut infliger à un autre lorsque la vie en communauté existe. La pulsion sexuelle, que chacun tente de satisfaire à tout prix, peut donc amener un individu à forcer son partenaire à l’assouvissement de son désir sexuel ou tuer la personne qui l’empêche un retour à un équilibre homéostatique.

Au moment où l’Homme se retrouve dans le contexte d’une civilisation, cette dernière doit donc réglementer les comportements de ses membres afin de permettre une cohésion entre ceux-ci. Dans un certain sens, il faut retarder le soulagement d’une pulsion sexuelle et d’une pulsion destructrice, car elles mettent en péril le projet d’une société de par leur caractère individualiste. En d’autres termes, Freud postule que la culture serait fondée sur la répression des pulsions par l’intégration d’interdits moraux qui après un certain temps s’introjectent dans une instance qu’il nomme le Surmoi. Cette dernière aurait pour rôle d’imposer les normes sociales au Moi qui lui tente de satisfaire les pulsions du Ça. Ainsi, la différence individuelle dans la facilité à faire le mal ou non s’explique par l’importance plus ou moins grande que prend l’instance morale comparée à l’instance pulsionnelle. Le Surmoi peut être si efficace qu’elle impose une angoisse à l’individu par l’entremise du Moi lorsqu’il fait le mal autant que lorsqu’il en a l’intention. De plus, Freud entrevoit la distinction subjective que l’on fait entre le bien et le mal « Le bien est ce que l’autorité intériorisée commande, le mal ce qu’elle interdit » (Fromm, 1969). En n’encourageant pas les plus grandes vertus de l’Homme par l’investissement stratégique des pulsions de chaque individu, la société crée frustration et angoisse pour permettre la vie civile. Par contre, cette « violente répression d’instincts puissants » échoue à les éliminer ou les réduire, car « les passions instinctives sont plus fortes que les intérêts rationnels » (1930, p 38). La société impose donc un mal-être à l’Homme qui, dans sa recherche du bonheur, est déchiré entre les exigences pulsionnelles et morales. Tout ceci ne fait que décourager le mal, tout en le laissant fermenté en chaque individu, attendant le moment opportun pour se déverser efficacement.

L’individu, la responsabilité et le déterminisme

Cette explication de la possibilité du mal venant de ces deux sources ne départage pas pour autant la question de sa responsabilité, que Freud ne traite pas concrètement. Pour cela il faut remettre certains faits en ordre chronologique. Le mal provient, à l’origine, du Ça, instance mobilisatrice de toutes pulsions. À sa naissance, l’Homme qui n’est qu’un Ça, possède en lui les forces pulsionnelles sexuelles et destructrices, qui dirigent ses actions dans le monde concret. D’un côté les pulsions libidinales le poussent à se coupler avec d’autres humains, de l’autre côté, les forces destructrices le poussent à se protéger du monde extérieur, à conserver son union qui lui permet de procréer et même à exploiter ou tuer l’autre pour son propre profit. Le développement de la culture se fait donc par l’expression de ce combat des titans, ces deux pulsions qui s’entrechoquent, l’une favorisant la vie, et l’autre la mort. À un certain point Freud met la pulsion de mort comme étant la plus importante en stipulant que la pulsion érotique ne ferait que favoriser l’expression de la pulsion de mort. Considérant que la culture est une conséquence du fonctionnement profond de l’Homme, nous pouvons remettre la responsabilité entre les mains de l’individu lui-même. Car au fond, ce qui agit le mal, l’engendre et le permet c’est l’individu lui-même. Ceci reste une interprétation du texte freudien et non ce que l’auteur a dit lui-même. De par ses mots on peut voir qu’il place une certaine responsabilité à la civilisation lorsqu’il dit qu’elle ne façonne pas des individus vertueux, mais qu’elle le réprime. Je crois néanmoins qu’en plaçant cette pulsion destructrice dans l’Homme et non dans l’instance culturelle, il responsabilise l’Homme dans la prise en charge de ses agissements. Certains pourraient argumenter que Freud enlève tout libre arbitre à l’Homme lorsqu’il dit que le Moi n’est pas maître dans sa propre maison, établissant un déterminisme inconscient. Effectivement, l’Homme inconscient est entièrement déterminé. Par contre, l’Homme selon Freud n’est pas entièrement inconscient, il peut même déterminer comment il satisfera ses pulsions lorsque les exigences du Ça, la direction, et du Surmoi, les normes, sont respectés. S’il n’y avait aucun espoir pour l’Homme de se dégager d’un névrosisme qui paralyse ses choix dans cet afflux d’exigences angoissantes, Freud n’aurait pas entrepris la possibilité de se libérer de ce fardeau par la thérapie.

 

Commentaire critique 

Ce que j’avance dans ce texte n’est qu’à titre spéculatif sur ma connaissance et les lectures que j’ai faites des écrits freudiens. J’ai réussi à déchiffrer cette réponse à la question de la responsabilité du mal, en lui donnant une origine pulsionnelle suite à la lecture de Le Moi et le Ça dans lequel il introduit une certaine chronologie du développement de l’appareil psychique. L’argumentaire que j’étale ressemble plutôt à un discours sur l’apparition chronologique de l’œuf ou de la poule. Je ne crois pas que cela répond entièrement à la question de la responsabilité. Surtout que son ouvrage Malaise dans la civilisation, que j’utilise pour définir le mal, sa provenance et placer l’apparition de la culture dans la lignée chronologique du développement psychique de l’Homme, est qualifié de spéculatif par l’auteur lui-même : « Parti de certaines spéculations sur l’origine de la vie et certains parallèles biologiques, j’en tirai la conclusion qu’à côté de l’instinct qui tend à conserver la substance vivante et à l’agréger en unités toujours plus grandes, il devait en exister un autre qui lui fût opposé, tendant à dissoudre ces unités et à les ramener à leur état le plus primitif, c’est-à-dire à l’état anorganique » (1930, p. 43) ou même « Il ne s’agit là que d’une spéculation théorique » (1930, p. 30). La pulsion n’a jamais quitté son titre spéculatif, car quelques années plus tard, dans une lettre adressée à Albert Einstein sur la question de la guerre, Freud écrit « Avec une petite dépense de spéculation, nous en sommes arrivés à concevoir que cette pulsion agit au sein de tout être vivant et qu’elle tend à le vouer à la ruine, à ramener la vie à l’état de matière inanimée » (1933, p. 16-17).

De plus, la responsabilité que j’attribue à l’Homme par l’entremise du discours freudien n’est pas mentionnée explicitement dans ce que j’ai lu et recherchée sur cette théorie. Tout d’abord, le déterminisme est un point clairement établit, Freud s’autoproclame comme troisième grande vexation dans la conception de l’Homme : la première étant l’héliocentrisme, la deuxième l’évolutionnisme et la troisième l’inconscient. Pour ce qui est de la reprise d’une autonomie personnelle par la thérapie, cela non plus n’est pas clairement mentionné dans l’ensemble de ses écrits. Il dédit même un ouvrage complet sur la question de l’analyse interminable par la présence trop importante de défense de la part du patient. Dans ce même ouvrage, il encourage le thérapeute à retourner en analyse à chaque cinq ans pour faire passer le processus d’un point de vue terminal à un point de vue interminable. Tout cela n’augure pas très bien lorsque nous abordons la question du choix conscient ou du libre arbitre. Mais, j’argumenterais encore une fois que la possibilité d’alléger ce fardeau par l’analyse redonne un certain espoir à la condition déterminé de l’Homme inconscient.

Freud reste très peu clair quant à la responsabilité du mal. Par contre, Carl Gustav Jung, psychanalyste dissident de l’école Freudienne semble clarifier quelque point quant à sa conception de l’Homme et de sa conception du mal. Sur la question de la responsabilité de la civilisation par rapport à la permission du mal, il écrit dans L’Homme à la découverte de son âme : « La masse, comme telle, est toujours anonyme et irresponsable » (Jung, 1933, p. 91). Il tranche aussi très clairement que l’Homme est entièrement responsable du mal dans le monde dans une entrevue qu’il donne en 1977 vers la fin de sa vie. En parlant de l’Homme, il dit que « sa psyché doit être étudiée, car nous sommes la cause de tout mal à venir [Traduction libre] » (Jung, 1959). Une grande ressemblance entre les deux auteurs est que chacun d’eux voit les interactions sociales potentiellement brimer par la nature humaine. D’un côté Freud écrit « L’Homme est un loup pour l’Homme » (1930, p.38) et de l’autre Jung dit « Nous avons besoin de mieux cerné la nature humaine, car le seul vrai danger existant est l’Homme lui-même [traduction libre] » (Jung, 1959). Comme Freud, Jung fait référence à la théodicée dans son discours sur le mal. Dans son questionnement sur sa possibilité dans le monde, il remet en question la Sainte Trinité qui selon lui serait incomplète. Comme plusieurs théologiens avant lui, il croit fermement que la quaternité répond à plusieurs vides théologiques et téléologiques, comme celui de la présence du mal chez l’Homme. Cette quatrième figure sainte serait le diable.

La psychologie analytique, que Jung met en place après avoir quitté l’école Freudienne, donne des réponses plus concluantes à ce que l’on doit faire avec le mal. Tout d’abord, la psychologie analytique chercher à faire progresser le patient vers l’individuation, qui est un état de mieux-être par l’intégration profonde d’un soi complet et conscient, l’atteinte de son réel potentiel. Le soi est à l’origine morcelé en plusieurs parties dont Jung étiquette en fonction des symboles archétypiques associés qui ressortent dans les rêves et la culture. Il identifie donc une partie qui traite plus de la question du mal, l’ombre, qui représenterait tout ce que nous ne voulons pas être. Tout le mal que nous faisons subir à soi et aux autres et que nous sommes incapables d’accepté ferait référence dans les représentations symboliques du rêve à l’ombre. Selon Jung, le mal peut être amoindri par la prise de conscience de cette partie de nous que nous refusons et par l’intégration de cette facette de nous dans l’instance de notre personnalité consciente.

Le mal chez Freud n’est donc qu’un sujet qu’il aborde vers la fin de sa vie, car il est en quelque sorte forcé par les événements. Le contexte d’écriture des ouvrages concernant le mal se déroule suite à la Première Guerre mondiale. Freud peut sembler pessimiste par rapport à la condition humaine comme plusieurs penseurs de l’époque qui furent étonnés par la violence dont l’Homme était capable. L’importance du mal autant chez Freud que chez Jung peut être exagérée par l’époque. Par contre, la vaillance de ces deux guerres ne fait que mettre en avant plan une réalité sur la condition humaine, l’agressivité en fait partie.

 

 

Bibliographie

Freud, S. (1923). Le Moi et le Ça. Les classiques des sciences sociales. http://classiques.uqac.ca/classiques/freud_sigmund/essais_de_psychanalyse/Essai_3_moi_et_ca/Freud_le_moi_et_le_ca.pdf

Freud, S. (1927). Avenir d’une illusion. Les classiques de sciences sociales. http://classiques.uqac.ca/classiques/freud_sigmund/avenir_dune_illusion/t1_avenir_une_illusion/avenir_une_illusion.pdf

Freud, S. (1930). Malaise dans la civilisation. Les classiques des sciences sociales. http://classiques.uqac.ca/classiques/freud_sigmund/malaise_civilisation/malaise_civilisation.pdf

Freud, S. (1933). Pourquoi la guerre ? Lettre adressé à Albert Einstein. Les classiques des sciences sociales. http://classiques.uqac.ca/classiques/freud_sigmund/pourquoi_la_guerre/pourquoi_la_guerre.pdf

Fromm, E. (1969). Le modèle de l’Homme chez Freud et ses déterminants sociaux. In : L’Homme et la société, N. 13,. Sociologie et philosophie. pp. 111-125.

Jung, C. G. (1959). Face to Face. Interview given for the BBC.

Jung, C. G. (1933). L’Homme à la découverte de son âme. Ed. Albin Michel.

 

* les ouvrages de Freud proviennent d’une banque d’ouvrages classiques traduits en français de l’Université du Québec à Chicoutimi. Les numéros de pages correspondent donc à cette édition.

 

Image à la une : Le Massacre des Innocents, Nicolas Poussin, 1625 (Musée Condé, Chantilly)

Le blog psychanalytique est un lieu de partage d’un savoir psychanalytique étudiant à l’Université de Montréal, dirigé par William Delisle.

One thought on “Le mal chez Freud, sa double provenance comme problème à sa responsabilité par Olivier Dussault

  1. cloutife

    En ajout…

    Elisabeth Roudinesco publiait dans le journal Le Monde en octobre 2010 ce commentaire susceptible d’éclairer la vision politique et sociale que sous-tend l’analyse de Freud à ce propos.

    « Conservateur éclairé, Freud était convaincu que les pulsions destructrices propres à l’humanité devaient être contrôlées par un gouvernement des élites et non par les tenants d’une démocratie de masses. En outre, même s’il était attaché à l’émancipation des peuples par le droit, il restait tributaire d’une vision évolutionniste des rapports de la nature et de la culture, considérant que l’arrachement de l’homme à sa sauvagerie originelle passait par des processus inconscients : la sublimation plutôt que le libre arbitre. Aussi était-il éloigné de tous ceux qui, à Francfort, effectuaient une lecture novatrice de sa doctrine en cherchant à lier autrement que lui l’individuel et le collectif. »

    Elle ajoute:

    « Elias avait en commun avec Adorno, Horkheimer et Lowenthal de regarder l’oeuvre freudienne comme une théorie de la culture que l’on pouvait détacher de la clinique. Si le premier critiquait chez Freud le dualisme pulsionnel ou le mythe du meurtre du père, les deux autres lui empruntèrent l’idée que le progrès pouvait se retourner en son contraire. Adorno et Horkheimer firent de lui un Hegel de la modernité : « Ce besoin (chez l’homme) d’être cruel et de détruirerésulte d’un refoulement organique de toute relation entre le corps et l’esprit ; Freud en eut l’intuition géniale. »
    Quant à Lowenthal, il n’hésitait pas à historiciser la pensée de Freud en montrant que le déclin de la famille bourgeoise lui avait permis de construire, dans le contexte viennois, sa doctrine de la pulsion de mort : thèse à laquelle Jacques Lacan souscrivait, lui aussi, en 1938. »

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