L’Aphasie

Qu’est-ce que l’aphasie ?

C’est un « trouble du langage consécutif à une lésion cérébrale acquise » (Eustache, Faure, & Desgranges, 2018). Le terme d’aphasie vient du grec phasis et signifie sans parole. L’aphasie englobe plusieurs troubles du langage : cela peut affecter entre autres la compréhension tout comme la production de la parole, dépendamment d’où se trouve la lésion. Selon L’Aphasie Québec, il s’agit d’« un trouble de la communication entravant la capacité de parler, de comprendre, de lire ou d’écrire » (http://aphasiequebec.org). On ne naît donc pas avec une aphasie et elle affecte diverses capacités.

Un peu d’histoire

Commençons par un peu d’histoire sur l’aphasie afin de mieux comprendre comment cela a été découvert et à quoi c’est dû.

Quand on me parle d’aphasie, les deux premiers noms qui me viennent en tête sont Paul Broca et Carl Wernicke. Ils ont en effet joué un grand rôle dans le domaine de la neuropsychologie et plus précisément dans l’aphasie.

Paul Broca est surtout connu pour son étude sur M. Leborgne, un patient incapable de parler, donc aphasique. Ce dernier est surnommé « Tan » car il s’agit de la seule syllabe qu’il était capable de prononcer. En 1861, « Tan » décéda et Paul Broca put analyser son cerveau. Le patient avait une lésion dans le lobe frontal de l’hémisphère gauche, ou plus précisément une « atteinte du tiers antérieur de la circonvolution frontale inférieure » gauche (Eustache, Faure, & Desgranges, 2018, p.14). Paul Broca en conclut que cette zone du cerveau était le siège du langage articulé. On l’appelle aujourd’hui l’aire de Broca.

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Carl Wernicke, quant à lui, avait un patient présentant des troubles de la compréhension du langage. En 1874, il découvrit que ce trouble était lié à « une lésion du tiers postérieur de la circonvolution temporale gauche » (Eustache, Faure, & Desgranges, 2018, p.19). Cette région est aujourd’hui appelée l’aire de Wernicke.

Il y a ainsi une distinction entre une « aphasie motrice » que l’on appelle l’aphasie de Broca servant à la production de la parole et une « aphasie sensorielle » faisant référence à l’aphasie de Wernicke qui concerne la compréhension.

Quelles sont les causes de l’aphasie ?

Comme dit précédemment, l’aphasie est due à une lésion dans le cerveau. Sa cause principale est l’accident vasculaire cérébral (AVC). Elle peut également survenir après un traumatise crânien cérébral, une tumeur au cerveau ou encore une méningite (http://www.aphasie.org).

Les difficultés des personnes aphasiques

J’aimerais mettre l’accent sur le fait qu’une personne aphasique n’est pas muette, ni sourde. En effet, certains parviennent même à parler « de manière fluide » bien qu’ils « mélangent certains sons et certains mots »(http://www.aphasie.org). Concernant l’aphasie de Wernicke, les personnes comprennent par exemple des mots isolés. Il n’y a donc pas un problème d’audition mais de compréhension.

Qui dit trouble de la compréhension et de la production du langage, dit également trouble de lecture et d’écriture. Une personne aphasique peut en effet lire un livre sans comprendre tous les mots comme il peut écouter une discussion sans en comprendre le sens.

Finalement, l’aphasie a diverses autres répercussions sur la vie familiale, sociale et professionnelle. La personne aphasique a de la difficulté dans les relations sociales étant donné qu’il peut être compliqué pour elle de s’exprimer ou de comprendre le fil d’une discussion.

Comment les aider ?

  • En s’impliquant dans une association

À Montréal, il y a l’Association Québécoise des Personnes Aphasiques (AQPA) membre du Regroupement des Associations de Personnes Aphasiques du Québec (RAPAQ). Chaque association cherche des bénévoles​pour aider les personnes aphasiques. Elles n’attendent que vous !

Vous pouvez retrouver la liste des associations du Québec faisant partie du RAPAQ sur ce site internet : http://aphasiequebec.org/la-mission-de-aphasie-quebec/#mission

  • En ne les considérant pas comme des personnes malades

Selon moi, il faut avant tout ne pas oublier que les personnes aphasiques ont « toute leur tête ». Elles ont encore leurs connaissances acquises avant leur accident, tant sur leur vie personnelle que professionnelle. Elles gardent également leur capacité de réflexion. C’est à nous de continuer à les stimuler sur le plan intellectuel, social ou encore émotionnel. Ils peuvent par exemple prendre part à des activités ne requérant pas les capacités langagières comme l’art, la pratique d’un instrument de musique ou le sport. Nous devons les aider à ne pas se sentir exclus à cause de leur trouble. Il ne faut pas oublier que ces personnes ont été dotées de facultés langagières avant leur accident. Essayons de nous mettre à leur place ! Voici une vidéo que j’aimerais partager avec vous. Elle m’a beaucoup touchée. Elle s’appelle « Dans la peau d’une personne aphasique » :  https://www.youtube.com/watch?v=GLIJpeaxYNA

Il existe entre autres la « carte aphasie » sur laquelle la personne aphasique peut cocher ce qui peut l’aider, par exemple « Regardez-moi en parlant », « Faites des phrases courtes », etc. Elle apparaît en image à la une et on peut la trouver sur http://aphasiequebec.org/la-carte-aphasie/ .

Références

Aphasie Québec – Le réseau. Repéré à http://aphasiequebec.org

Aphasie Suisse. Repéré à http://www.aphasie.org

Eustache, F., Faure, S., & Desgranges, B. (2018). Manuel de neuropsychologie (5ème éd.). Malakoff, France : Dunod.

Image tirée de http://lecerveau.mcgill.ca/flash/a/a_10/a_10_cr/a_10_cr_lan/a_10_cr_lan.html

 

 

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