Les bébés des années 1997-1999 par Xanthy Lajoie

« Vous, les jeunes, vous êtes nés là-dedans. Nous, dans notre temps, on n’avait pas d’appareils électroniques, et regardez comment nous sommes aujourd’hui. Nos jeux, c’était de grimper dans les arbres, et non de jouer sur une tablette électronique à l’intérieur d’une maison. Vous êtes habitués à la technologie. Vous avez toujours un écran à deux pouces du visage. »

Des phrases dites si souvent autour de nous… Mais est-ce qu’elles nous concernent réellement, nous, les bébés nés dans les années 1997-1999 ?

Vous vous adressez à la mauvaise population. Je vous explique mon point. Nous, les bébés nés dans les années 1997-1999, savons comment rembobiner une cassette avec un stylo à bille, parce qu’utiliser notre petit doigt faisait trop mal. Est-ce que les enfants aujourd’hui savent comment s’y prendre ? Non. Nous, qui formons la génération « Z », sommes des experts du logiciel « Paint » sur Windows. Est-ce que les jeunes connaissent même l’existence de ce cet outil ? Non. Nous savons comment rembobiner un VHS. Ce n’est pas aussi simple que vous pourriez le croire. Il ne suffit pas d’appuyer sur la touche « Rewind ». Il faut d’abord appuyer sur « Arrêt », et ensuite on peut appuyer sur « Rewind ». Mais dites-moi, est-ce que les enfants « nés dans l’ère de la révolution numérique » sont au courant de cette étape avec les VHS ? Non. Nous avons grimpé dans les arbres, nous avons joué dehors sous la pluie et nous avons écouté la musique sur des cassettes audio, comme nos parents.

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Savez-vous quel est le problème avec la génération « Z » selon moi? Nous avons été élevés avec des cassettes audio, mais aujourd’hui en 2018, nous avons en notre possession le modèle le plus récent de l’iPhone. Nous avons si bien accepté cette nouvelle technologie divertissante, mais il y a une situation à laquelle on ne peut justement pas s’adapter : la technologie dans les écoles. Nous avons grandi dans un système scolaire qui mettait l’accent sur le bricolage. Chaque année à l’école primaire, il fallait absolument acheter des crayons de la marque Crayola, l’emballage de vingt-quatre, pas seize, mais bien vingt-quatre crayons à colorier. Au secondaire, nos professeurs utilisaient des « acétates », des feuilles semi-transparentes où la matière enseignée apparaît de manière semi-visible. Nos présentations orales étaient accompagnées de pancartes roses fluorescentes qu’il fallait se procurer pour la somme de 1$ au Dollorama. Encore mieux, quand je voyais le professeur entrer dans la classe avec la télévision sur roulettes, je savais que le cours allait être amusant. Il n’y avait pas d’iPad, pas d’ordinateurs portables obligatoires pour chaque élève, pas de tableaux interactifs. Il y avait un tableau noir et une craie. Au cégep, c’était le même principe, les manuels, les livres à acheter — rien de différent. La prochaine étape est problématique pour nous.

En tant qu’étudiante à l’université ne sachant pas comment étudier à mon avantage, je me retrouve confuse. Tandis que depuis notre plus tendre enfance, nous avons été conditionnés à apprendre avec du papier et des manuels, nous débutons notre parcours à l’université où TOUT est informatisé. Tout le matériel scolaire est en ligne. Les manuels, où sont-ils ? Ils sont devenus des antiquités dans la bibliothèque. L’anxiété s’installe : je dois étudier sur du papier, lire dans des manuels, surligner et tourner des pages, sinon je suis incapable de retenir la matière. Alors, comment faire? Comment parvenir à étudier à travers un écran ? Est-ce que je devrais imprimer les dizaines de diapositives pour chacun de mes cours ? Non, mais qu’en est-il de l’environnement, alors ? Est-ce que je retranscris la matière du PowerPoint dans un cahier Canada ? Cent diapositives présentées et trois minutes consacrées à chacune. Donc, le temps de tout recopier, cela donnerait trois-cents minutes ?! Non, mais, il ne faudrait pas exagérer… Alors, est-ce qu’il vaudrait mieux amener mon ordinateur et prendre des notes sur les diapositives ? Ou à la main dans un cahier à côté ? Ah oui, à l’écran, je peux écrire les notes directement sur les diapositives ! Non, mais, comment je m’y prends pour surligner les passages ? Comment puis-je encercler une information ou insérer une flèche ? Lorsque vient le temps d’étudier, même réflexion : qu’est-ce que je fais ? Devrais-je lire mes notes sur les diapositives et essayer de les retenir ? Soupir.

D’accord, j’imprimerai les centaines de diapositives. Pour compenser, j’amènerai un sac réutilisable à l’épicerie.

La génération « Z » est capable de bricoler, colorier, rire aux éclats devant un VHS et d’effacer un tableau noir. Mais à l’école des grands, on étudie TOUT sur papier. Une vraie « gang de mêlés ». Alors, non, nous, les bébés nés dans les années 1997-1999, nous ne sommes pas nés dans la révolution numérique. Nous sommes les jeunes pris entre les deux, au milieu d’une transition.

Nous avons vu le jour dans les dernières années avant celles du futur, les années 2000, où les jeunes sont véritablement nés dans la technologie.

Article révisé par Samantha Ponnampalam

Source images : unsplash.com

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