Série : Les études supérieures en psychologie… au profil R/I en psychologie sociale de l’Université du Québec à Montréal (UQAM)

Entrevue réalisée par Lyanne Levasseur Faucher

En collaboration spéciale avec Julie Zaky, B. Sc. Psychologie (Université de Montréal)

1. Le profil recherche/intervention au doctorat en psychologie sociale, qu’est-ce que c’est? (C’est pour qui, particularités du programme?)

 D’abord, il faut souligner qu’il existe un profil clinique (D.Psy.) à l’Université de Montréal (UdeM). Pour ma part, j’ai préféré le profil Recherche/Intervention (R/I), puisque je crois que l’aspect théorique est important dans ce domaine de la psychologie. Il est aussi à noter qu’en tant que candidat au doctorat du profil R/I, nous avons bien deux superviseurs distincts pour chacun de ces deux volets. Enfin, le profil axé uniquement sur la recherche, qu’on appelle le Ph. D., est également disponible.

C’est entre autres pourquoi il vaut mieux s’informer sur les distinctions entre les universités. Par exemple, alors que les programmes offerts à l’UdeM sont reconnus par la Société canadienne de psychologie (SCP), ceux de l’UQAM ne le sont pas. Cela implique qu’un étudiant ayant obtenu son doctorat en psychologie sociale à l’UQAM ne peut pas automatiquement exercer le métier de clinicien dans une autre province que le Québec à travers le Canada. Il y aurait une entente entre les provinces, mais il serait à prévoir qu’un cours de déontologie pour s’adapter au code de la province serait à refaire étant donné qu’au Québec nous suivons les règles de l’Ordre des psychologues du Québec (OPQ).

Ensuite, la durée minimale du programme R/I en psychologie sociale est de six ans, mais c’est à voir avec le directeur de thèse. Cela justifie qu’il faut bien s’interroger à propos du genre de relation qu’on souhaite entretenir et le niveau de collaboration qu’on souhaite établir avec le professeur nous supervisant. Par conséquent, il est capital de s’informer à propos des différents sujets de recherche et des publications des professeurs du département. Un étudiant peut toujours demander s’il est possible d’être admis en codirection.

Plus précisément concernant le cheminement, la première année est évidemment consacrée à des cours. C’est pendant la deuxième année que l’étudiant gradué suit le cours du projet de recherche doctorale (PRD), qui mènera à sa présentation devant un jury. Concrètement, c’est un cours qui te permet de débuter la rédaction de ton projet, puisqu’il faut prendre des décisions en vue de l’élaboration du contexte théorique, des hypothèses et de la méthodologie, qui sont sujets à changements. Lorsqu’il est accepté, une demande au comité d’éthique doit être soumise avant d’entamer le recrutement de participants. Puis, en troisième année, l’étudiant réalise sa collecte de données avec ses participants. Il aura théoriquement terminé la plupart de ses cours à la fin de sa troisième année, et c’est définitivement le volet recherche qui prend, par la suite, davantage de temps! Le doctorant réalise habituellement un stage en quatrième année (il est également possible de le faire en troisième) et un cours d’analyse, qui est un autre cours en lien avec la clinique. Les deux dernières années sont réservées à l’internat et à la rédaction.

2. Comment as-tu découvert ton intérêt pour ce domaine de la psychologie?

J’avais un penchant pour tout ce qui relève du domaine social en général avant même d’entreprendre mon baccalauréat. J’ai toujours été intéressée par les dynamiques sociales, ne serait-ce qu’en observant le comportement des gens dans le métro.

Dès que j’ai suivi le cours de psychologie sociale, j’ai décidé d’utiliser mes crédits d’options pour suivre plus de cours dans le bloc 71F intitulé « Individu, groupe et société » (Identités et interactions sociales, Relations interpersonnelles, Psychologie communautaire). Ainsi, j’ai pu constater que la psychologie communautaire était un champ d’étude qui m’intéressait moins que la psychologie sociale. J’ai trouvé que la psychologie communautaire semblait plus appliquée à des milieux spécifiques (ex. : la pauvreté en milieu familial), tandis que je m’intéresse aux phénomènes sociaux en général. Donc je pense qu’il vaut mieux rester ouvert, surtout au début! À mon avis, le baccalauréat en psychologie de l’UdeM facilite l’exploration étant donné que nous devons obligatoirement suivre des cours dans chaque section.

3. Quelles expériences ont été selon toi les plus enrichissantes et pertinentes pendant ton baccalauréat ?

Selon moi, les deux expériences qui ont eu le plus de poids dans mon acceptation au profil R/I sont celles reliées à la recherche, mais je pense que mon implication au sein de Jack.org est tout aussi pertinente! Ce qui importe le plus à mon avis est de trouver un sujet qui te passionne, le plus tôt possible! C’est  évidemment plus facile dans ce contexte d’investir son temps et son énergie sans compter.

a) L’assistanat de recherche au sein du Laboratoire sur les changements sociaux et l’identité :

Sous la direction de Roxane de la Sablonnière (Ph. D.), j’ai acquis de l’expérience en réalisant différentes tâches de recherche. J’ai par exemple collaboré avec de l’une de ses doctorantes dans le cadre de son projet de thèse. J’ai contribué au recrutement, à la collecte de données et j’ai ordonné des bases de données. Pour un autre projet, j’ai fait de la saisie de données et des analyses statistiques. Le simple fait d’assister à des rencontres d’équipe du laboratoire m’a aidé à pousser mes réflexions plus loin et à me plonger dans le monde de la recherche. Enfin, échanger avec d’autres étudiants et professeurs à propos d’idées variées m’a donné un avant-goût de ce qui m’attendait.

 b) Journal sur l’identité, les relations interpersonnelles et les relations intergroupes (JIRIRI) :

J’ai intégré l’équipe dans le cadre de mon cours de Laboratoire 2 (PSY 3008) et j’ai poursuivi l’année suivante comme rédactrice en chef. J’aime beaucoup l’écriture et j’ai aimé occuper un poste de leadership, tout en travaillant en équipe. Je crois sincèrement en la mission du journal, également fondé par Roxane de la Sablonnière, qui m’a permis d’humaniser le domaine de la recherche. C’est un projet dans lequel l’atteinte du plein potentiel de chacun est au cœur des préoccupations. J’ai aimé faire partie d’une équipe encourageant les étudiants au baccalauréat à se surpasser et qui leur fait réaliser qu’ils ont les compétences et les capacités d’aller plus loin que ce qu’ils pensent.

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c) Jack.org

16266297_1284346068311551_3527619532100248923_nMon désir de parler ouvertement de santé mentale s’est concrétisé lorsque j’ai entendu parlé de l’organisme Jack.org. J’ai été l’une des cofondatrices de la section Jack.org de l’UdeM, la première section francophone! C’est une implication clinique originale qui m’a permis de me démarquer dans le volet clinique, de par sa nature visant à vulgariser des enjeux liés à la santé mentale. Ce bénévolat demande beaucoup d’organisation et de leadership. J’ai suivi une formation de conférencier afin de devenir conférencière bilingue dans les écoles secondaires, dans des cégeps ou à l’université. Devenir confortable à parler devant un public pendant près d’une heure est aussi très pratique dans la poursuite d’études supérieures! C’est donc une expérience concrète, démontrant un intérêt pour la relation d’aide à long terme et la capacité de jongler avec plusieurs projets simultanément.

Par exemple, le 19 janvier, j’étais l’une des organisatrices du Sommet Jack à l’Université de Montréal. Cela consiste en un grand rassemblement de jeunes militant partout au Canada pour la santé mentale, dont l’objectif principal est qu’ils apprennent les uns des autres et créent du changement positif pour la santé mentale.

4. Pourrais-tu m’expliquer comment tu as vécu le processus d’admission à l’UQAM, qui diffère de celui de l’UdeM?

 Pour commencer, je pense qu’il est essentiel de s’informer pour avoir l’avis de personnes plus expérimentées. C’est ainsi que j’ai appris qu’il n’y a pas d’entrevue formelle pour être admis dans cette section.

Cependant, il est obligatoire d’avoir été en contact avec un professeur, qui sera en mesure de te superviser. Puisque c’est ce professeur qui soutiendra ta candidature au mois de février, je recommande de commencer ses recherches en été, dès le mois d’août en prévision des admissions l’année suivante. Il est normal de se heurter à des refus, car les professeurs ont une capacité limitée d’étudiants qu’ils peuvent accueillir dans leur laboratoire de recherche (moins de 12 étudiants en tout temps). Il se peut donc qu’ils écrivent qu’ils n’ont malheureusement plus de places à allouer, sans que ce soit lié à la qualité de ton dossier. Il est préférable de leur envoyer un courriel personnalisé et de ne pas solliciter plus d’un professeur simultanément, en leur transmettant des documents personnalisés (lettre de motivation, CV et relevé de notes). Dans mon cas, j’ai rencontré plusieurs fois la professeure avec laquelle je souhaitais travailler. J’ai pris le temps de discuter avec d’autres étudiants de son laboratoire afin d’en apprendre davantage sur le mode de fonctionnement et ainsi faire un choix éclairé.

Le processus est plus long à l’UQAM et un peu plus laborieux comparativement à l’UdeM. Dans le formulaire de la demande d’admission, il faut inscrire un maximum de trois noms de professeurs avec lesquels nous souhaiterions travailler. C’est pourquoi il est préférable de les contacter et d’en choisir un, deux ou trois. Avec le même formulaire, il faut soumettre directement à l’université des attestations de chaque expérience mentionnée dans le formulaire d’inscription, une lettre de motivation, trois lettres de recommandation et deux travaux individuels. Il est possible de demander aux personnes de poster leur document ou de rassembler les enveloppes scellées de chacun qu’on acheminera au service d’admission. Personnellement, ce n’est que vers la fin janvier que j’ai reçu l’acceptation de ma directrice, et en mars l’acceptation officielle de l’UQAM. 

5. Sur quel sujet portera ta thèse ?

Elle approfondira le lien humain-animal! Plus précisément, je vais m’intéresser aux différences transculturelles dans la relation humain-animal, sachant que la solidarité implique de ressentir un attachement psychologique aux animaux et de coordonner ses activités pour favoriser leur bien-être. Par exemple, je vais m’interroger sur ce qui peut faire qu’au Canada, il est fréquent de cohabiter avec plusieurs animaux de compagnies, alors que dans d’autres pays, les habitants peuvent avoir peur des chiens.

Il est à noter qu’en psychologie sociale, la recherche quantitative tend à être privilégiée. Les méthodes préconisées peuvent varier selon le directeur de recherche. Il est possible de faire de la recherche qualitative en psychologie sociale, mais elle est plus souvent combinée avec la recherche quantitative.

L’Amnésique remercie Julie Zaky d’avoir généreusement accepté de partager son expérience par le biais de cette entrevue. Pour plus d’informations générales à propos du doctorat en psychologie de l’­­­UQAM (toute orientation confondue), nous vous suggérons de consulter leur page présentant les conditions d’admission.

 Article révisé par Thierry Jean

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