Au cours de la vie, nous avons tou.te.s expérimenté des cauchemars, des rêves récurrents, longs et profondément dysphoriques, impliquant généralement des menaces pour la survie, la sécurité ou l’intégrité physique (Vendette et al., 2022). Ils surviennent habituellement pendant le stade de sommeil paradoxal et rend le.la rêveur.euse rapidement orienté.e et éveillé.e. (Perrier et al., 2021). Il est important de distinguer les cauchemars des mauvais rêves. Les cauchemars réveillent généralement le.la rêveur.euse et s’accompagnent de sensations physiques. Ces sensations peuvent être une fréquence cardiaque élevée, un souffle court et la sudation (Vendette et al., 2022). Au contraire, les mauvais rêves ne réveillent généralement pas le.la rêveur.euse et ne s’accompagnent pas de sensations physiques (Vendette et al., 2022).
L’effet des cauchemars est relativement léger pour la majorité et il peut même présenter des aspects bénéfiques comme une fonction adaptative sur le plan de la régulation psychologique ou émotionnelle (Vendette et al., 2022). Toutefois, chez certain.e.s, les conséquences des cauchemars sont beaucoup plus sévères. En effet, 2 à 8% de la population générale souffre de cauchemars chroniques (Perrier et al., 2021). Les cauchemars chroniques sont fréquents chez les personnes souffrant de trouble de stress post-traumatique, de trouble de l’humeur et de schizophrénie (Stern et al., 2022).
Les critères dans le DSM-5 pour le trouble des cauchemars incluent (Stern et al., 2022):
1. des occurrences répétées de rêves dysphoriques à la suite desquelles la personne, une fois éveillée, est rapidement orientée et alerte
2. des perturbations du sommeil
3. une souffrance significative dans la vie quotidienne ou une altération du fonctionnement
La sévérité du trouble peut aussi être classée en trois niveaux : légère si c’est moins d’un épisode par semaine, modérée si c’est au moins un épisode par semaine et sévère si c’est au moins un épisode par nuit. Le trouble peut aussi être classé selon la période des cauchemars du rêveur ou de la rêveuse: aigu si les cauchemars se produisent pour une durée de moins d’un mois, subaigu si c’est entre un à six mois et persistant si c’est plus de six mois.
Heureusement, des traitements pour le trouble des cauchemars sont disponibles et l’un des traitements s’avère efficace pour réduire la fréquence et l’intensité des cauchemars : la thérapie par imagerie mentale (Vendette et al., 2022). Cette approche est non pharmacologique et s’inspire en partie de la thérapie cognitive-comportementale. Elle consiste à modifier le contenu des cauchemars en remplaçant des éléments de celui-ci par des images plus positives. Il existe différentes variations pour cette thérapie, mais elle est généralement divisée en trois étapes (Vendette et al., 2022).
Dans la première étape, le.la rêveur.euse sera amené.e à consigner ses cauchemars sur papier dès leur survenue, en commençant par les moins effrayants pour faciliter l’apprentissage de la méthode thérapeutique. Si le.la rêveur.euse n’est pas à l’aise avec l’écriture, iel a aussi l’option de dessiner son cauchemar. Ce papier portant la description du cauchemar sera envoyé à la thérapeute lors de la rencontre clinique.
Dans la seconde étape, après avoir effectué le récit du cauchemar, on demande à le.la rêveur.euse de réinventer un nouveau rêve de courte durée. Il y a deux options possibles sur comment réinventer le nouveau rêve. La première façon est de rendre les éléments désagréables du cauchemar en éléments agréables dans le nouveau rêve (Vendette et al., 2022). L’autre option est de réinventer un rêve qui n’est pas lié au scénario du cauchemar. Le.la rêveur.euse crée un nouveau rêve en se questionnant sur à quoi iel désire rêver (Vendette et al., 2022).
Finalement, dans la troisième étape, la répétition joue un rôle clé. Le.la rêveur.euse sera amené.e à entraîner sa capacité d’imagerie mentale en choisissant des moments dans sa journée où iel imagine en état d’éveil son nouveau rêve. Il est recommandé de répéter le rêve réinventé deux fois par jour dont une fois au moment de dormir.
En conclusion, la thérapie par imagerie mentale est une des méthodes pour traiter les personnes souffrant de trouble de cauchemars. Il existe diverses méthodes de traitements disponibles pour le trouble des cauchemars, mais la thérapie par imagerie mentale se distingue comme un traitement particulièrement efficace. En effet, chez les rêveur.euse.s utilisant cette méthode, les cauchemars réussissent à disparaître pour 80% des cas (Soffer, 2022). Elle se distingue aussi comme étant la seule méthode approuvée par l’American Association of Sleep Medicine (Vendette et al., 2022), soulignant son importance dans le traitement des troubles de cauchemars en offrant aux personnes une option de traitement fiable et validée par des experts.
Texte révisé par Marjolaine Beaulieu
Références
Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Nord-de-l’Île-de-Montréal. (2022). Une solution simple aux cauchemars récurrents. https://www.ciusssnordmtl.ca/nouvelles -et-evenements/article/une-solution-simple-aux-cauchemars-recurrents/
Nuit Cosmos Conte De Fées. (s.d.). [image en ligne]. Pixabay. https://pixabay.com/fr/illustrations /nuit-cosmos-conte-de-f%C3%A9es-poisson-1077855/
Perrier, A., Brion, A., Maruani, J., Romier, A., Sabbagh, O., Dufayet, G., Lejoyeux, M. et Geoffroy, P.A. (2021). Traitements de la maladie des cauchemars. Médecine du sommeil, 18, p.133-143. https://doi.org/10.1016/j.msom.2021.05.003
Soffer, V. (2022). Venir à bout de ses cauchemars. Udemnouvelles. https://nouvelles.umontreal.ca/article/2022/05/16/veniraboutdesescauchemars/
Stern, E., Maruani, J. et Geoffroy, G.A. (2022). Traitement des cauchemars par la thérapie par répétition d’imagerie mentale (ou RIM) : mise en place pratique. Médecine du Sommeil, 19, p.101-109. https://doi.org/10.1016/j.msom.2022.01.191
Vendette, M., Denesle, R. et Zadra, A. (2022). Le traitement des cauchemars par la thérapie par répétition d’imagerie mentale (RIM). Ordre des psychologues du Québec. https://www. ordrepsy.qc.ca/-/cauchemars-traitement-therapie-repetition-imagerie-mentale-rim


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