C’est la fin de l’automne et le début de l’hiver. Claudia vient de terminer sa dernière journée d’école avant les vacances d’hiver. Pourtant, elle ne ressent aucune excitation. En rentrant à la maison, elle se sent dans un état léthargique et décide de s’enfermer dans sa chambre pour dormir. Le lendemain matin, le réveil est particulièrement difficile. Lorsqu’elle finit par se lever, un immense sentiment de vide l’envahit. Soudainement, elle se met à pleurer sans raison apparente. Ses habitudes quotidiennes sont complètement chamboulées. Elle passe la majorité de son temps à dormir. L’idée même de sortir dehors lui semble insurmontable. Regarder la nuit tomber si tôt suffit à la plonger dans un état de tristesse profond. Claudia perd également tout intérêt pour ses activités préférées comme cuisiner ou peindre. Ses habitudes alimentaires changent drastiquement : elle se met à consommer de manière excessive des beignes et des gâteaux. En une semaine à peine, elle prend cinq livres. Son mode de vie actuel commence à inquiéter sérieusement son entourage. Ses proches lui font remarquer qu’elle semble différente et lui demandent fréquemment si tout va bien. Claudia, submergée par son mal-être, a du mal à répondre.
Ce cas fictif illustre bien le phénomène appelé la dépression saisonnière. La dépression saisonnière, ou le trouble affectif saisonnier, est caractérisée comme un trouble de l’humeur qui va et vient en fonction des saisons de l’année (Amirault, 2020). Elle se manifeste typiquement à l’automne ou en hiver et disparaît au printemps, et doit se produire pendant au moins deux années consécutives pour être diagnostiquée (suicide.ca, s.d.). Ce trouble est principalement associé à la diminution de l’exposition à la lumière naturelle due au raccourcissement des journées. On estime qu’environ 15% des Canadien.ne.s rapportent avoir éprouvé des symptômes légers de dépression saisonnière tandis que 2 à 3% rapportent des symptômes sévères (Amirault, 2020). Elle peut se présenter avec d’autres troubles concomitants tels que des troubles alimentaires, le trouble bipolaire et la dépression (Amirault, 2020; Guérard, s.d.).
La dépression saisonnière diffère de la tristesse hivernale. La tristesse hivernale est moins persistante et beaucoup moins intense que la dépression saisonnière (suicide.ca, s.d.). Les symptômes du trouble affectif saisonnier incluent (Amirault, 2020; Guérard, s.d.; suicide.ca, s.d.):
- Une humeur dépressive presque tous les jours
- Une fatigue intense et une difficulté à se lever
- Une hypersomnie
- De l’anxiété
- De l’irritabilité
- Des difficultés à se concentrer
- Une perte d’intérêt pour les activités habituelles
- Une augmentation du désir à manger plus de glucides
- Une consommation de substances psychotropes
- Des idées suicidaires
Les jeunes adultes sont les plus risques de développer une dépression saisonnière (Guérard, s.d.). Le risque diminue avec l’âge et particulièrement à partir de 50 ans (Guérard, s.d.). Il n’y a pas de consensus unanime pour expliquer la cause de ce trouble (Amirault, 2020). L’explication de l’étiologie la plus utilisée est le manque de lumière du soleil. En effet, en automne et en hiver, la majorité des journées sont sombres, ce qui entraîne une production accrue de mélatonine par le corps. La mélatonine est une hormone sécrétée par la glande pinéale et joue un rôle clé dans l’adaptation de la physiologie aux changements saisonniers (APA Dictionary of Psychology, 2018). Elle intervient notamment dans l’initiation du sommeil et dans la régulation du cycle veille-sommeil (APA Dictionary of Psychology, 2018). Une concentration élevée de mélatonine peut favoriser la somnolence et la fatigue. De plus, le manque de lumière entraîne un taux plus faible en sérotonine. La sérotonine est un neurotransmetteur dans le cerveau jouant un rôle dans le traitement émotionnel, l’humeur et l’appétit (APA Dictionary of Psychology, 2018). Un déficit en sérotonine rend la concentration plus difficile et diminue la motivation d’accomplir les tâches quotidiennes habituelles.
Divers traitements existent pour traiter la dépression saisonnière. Un des traitements les plus utilisés est la luminothérapie. Ce traitement consiste à se placer devant une lampe de luminothérapie pour trente minutes par jour chez soi ou dans le bureau d’un médecin (Amirault, 2020). Ce traitement permet donc d’augmenter le niveau de sérotonine en s’exposant à plus de lumière. Cependant, certains peuvent ressentir des effets secondaires tels que des maux de tête, de l’insomnie, de la sécheresse oculaire, de l’agitation et parfois de la nausée (Lavoie et al., 2007). Un autre traitement souvent utilisé est la thérapie cognitvo-comportementale qui aide les individus à se concentrer sur les pensées immédiates, les humeurs et les émotions (Amirault, 2020). Cette technique vise à identifier les pensée inadaptés et les comportements problématiques grâce à une restructuration cognitive et grâce à des techniques comportementales pour atteindre un changement (APA Dictionary of Psychology, 2018).
En conclusion, la dépression saisonnière est un trouble de l’humeur qui fluctue selon les saisons. Elle peut se manifester à travers plusieurs et différents symptômes. Il est possible de la traiter grâce à divers traitements tels la luminothérapie et la thérapie cognitivo-comportementale.
Texte révisé par Rose-Marie Dubois
Références
Amirault, S. (2020). Série « La psychologie peut vous aider » : Le trouble affectif saisonnier (dépression saisonnière). Société canadienne de psychologie. https://cpa.ca/fr/psychology- works-fact-sheet-seasonal-affective-disorder-depression-with-seasonal-pattern/
Cognitive behavior therapy. (2018). Dans APA Dictionary of Psychology en ligne. https://dictionary.apa.org/cognitive-behavior-therapy
Guérard, K. (s.d.). Le trouble affectif saisonnier. Aneb. https://anebquebec.com/troubles- alimentaires/le-trouble-affectif-saisonnier
Irasonja. (s.d.). La fenêtre, Fille, Fille triste. [image en ligne]. Pixabay. https://pixabay.com/fr/illustrations/la-fen%C3%AAtre-fille-seule-femme-jeune-5850628/
Lavoie, M. et Hébert, M. (2007). Faire la lumière sur le trouble affectif saisonnier. Canadian Psychology 2007, 48(3), 187-199. https://psycnet.apa.org/fulltext/2007-18059-004.pdf
Melatonin. (2018). Dans APA Dictionary of Psychology en ligne. https://dictionary.apa.org/melatonin
Serotonin. (2018). Dans APA Dictionary of Psychology en ligne. https://dictionary.apa.org/serotonin
Suicide.ca. (s.d.). Dépression saisonnière : reconnaitre les symptômes et trouver de l’aide. https://suicide.ca/fr/parlons-suicide/demystifier-le-suicide/depression-saisonniere- reconnaitre-les-symptomes-et-trouver-de-laide


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