Au cours d’une relation amoureuse, il est tout à fait normal, à un moment ou à un autre, de traverser des périodes de doutes ou de remises en question. La fréquence de celles-ci varie d’une personne à l’autre, en fonction de divers facteurs, dont le niveau d’anxiété de la personne. Toutefois, quand les préoccupations se manifestent très souvent, quand elles deviennent intrusives, voire omniprésentes au quotidien, celles-ci peuvent, dans certains cas, indiquer la possible présence d’une manifestation particulière d’un trouble obsessionnel compulsif : le TOC relationnel.
Le TOC relationnel.
D’abord, le trouble obsessionnel compulsif (TOC) est défini dans le DSM-5 comme un trouble caractérisé par la présence d’obsessions et de compulsions récurrentes entraînant une détresse significative ou une altération du fonctionnement chez la personne qui en souffre (Doron et al., 2013). Le TOC relationnel peut être considéré comme une manifestation spécifique du TOC concernant la relation amoureuse (Doron et al., 2013). Ce qui différencie les préoccupations et les doutes « normaux » de ceux vécus dans un TOC relationnel est l’aspect égo-dystonique dans les symptômes du TOC relationnel (Doron et al., 2013). En d’autres mots, la personne qui en souffre aime son.sa partenaire et souhaite poursuivre sa relation, mais vit fréquemment ces remises en question importantes.
Selon Guy Doron et ses collaborateurs (2013), dans le cas d’un TOC relationnel, les obsessions comportent des doutes et des préoccupations persistantes qui peuvent autant être centrés sur la relation que sur le.la partenaire. Une personne présentant des symptômes centrés sur la relation peut vivre des questionnements persistants par rapport au fait d’être dans la bonne relation, sur ses sentiments envers son.sa partenaire, et la nature et l’intensité de ses dits sentiments (Doron et al., 2012b). « Suis-je dans la bonne relation ? », « Est-ce que je l’aime vraiment ? » sont des exemples de pensées obsessionnelles rapportés par Doron et ses collaborateurs (2013) qui pourraient se manifester chez un individu présentant un TOC relationnel. Puis, les symptômes centrés sur le.la partenaire impliquent, entre autres, des préoccupations axées sur les défauts perçus chez le.la partenaire concernant, par exemple, son apparence physique, son fonctionnement social, ainsi que des caractéristiques telles que ses compétences et son intelligence, etc. (Doron et al., 2012a). Ces obsessions amènent les compulsions, soit les comportements mis en place afin de soulager la détresse causée par les pensées obsessionnelles (Doron et al., 2013). Des demandes de réassurance récurrentes, de l’auto-réassurance répétée ainsi que le fait de comparer les caractéristiques ou les comportements de son.sa partenaire à ceux des autres constituent des exemples de compulsions qui pourraient être engendrées par les préoccupations obsessionnelles (Doron et al., 2013).
Impacts.
Le TOC relationnel peut avoir divers effets négatifs, autant sur la relation amoureuse que sur les partenaires. En effet, selon le site ROCD.net (Derby, D. et Doron, G., s.d.), les symptômes du TOC relationnel peuvent engendrer une réponse négative chez le.la partenaire et, de ce fait, constituer une source de tension et de conflit au sein de la relation. De plus, la recherche montre que ce trouble peut impacter la satisfaction relationnelle des partenaires. Dans l’étude de Doron et ses collaborateurs (2012), il a été montré que le TOC relationnel peut effectivement diminuer celle-ci. Enfin, au niveau des partenaires, le site ROCD.net indique que le TOC relationnel peut également influencer le bien-être de ceux-ci, notamment en augmentant le niveau de détresse psychologique, d’anxiété, et des sentiments tels que la culpabilité et la honte chez le.la partenaire souffrant du trouble (Derby, D. et Doron, G., s.d.).
Pistes d’intervention et d’aide.
Enfin, bien que le TOC relationnel puisse être difficile à vivre, il existe différentes approches thérapeutiques qui permettent d’aider ceux.celles qui en souffrent en atténuant ces effets. La recherche montre un effet bénéfique de la thérapie cognitivo-comportementale (TCC), qui comprend des techniques d’exposition et une prévention de la réponse chez la personne souffrant d’un TOC relationnel (Gorelik, M. et al., 2023b). Selon Gorelik et ses collaborateurs (2023b), celle-ci est associée à une diminution des compulsions. Puis, il y a la possibilité d’effectuer des interventions sur le couple. Effectivement, toujours selon les mêmes auteurs, les interventions dyadiques s’avèrent également utiles pour renforcer la résilience du couple face aux défis engendrés TOC relationnel (Gorelik, M. et al., 2023b). Enfin, ces approches ne constituent que quelques exemples parmi plusieurs autres interventions intéressantes, et la recherche continue d’évoluer pour comprendre le TOC relationnel et développer des techniques pour aider à améliorer la qualité de vie et le bien-être relationnel des personnes touchées.
Texte révisé par Coralie Périard Mailloux.
Références :
Derby, D., et Doron, G. (s. d.). Relational and personal consequences of ROCD. ROCD.net. Consulté le 12 janvier 2026, à l’adresse https://rocd.net/relational-and-personal-consequences-of-rocd/
Doron, G., Derby, D. S., et Szepsenwol, O. (2013). Relationship obsessive compulsive disorder (ROCD): A conceptual framework. Journal of Obsessive-Compulsive and Related Disorders, 3(2), 169–180. https://doi.org/10.1016/j.jocrd.2013.12.005
Doron, G., Derby, D. S., Szepsenwol, O., et Talmor, D. (2012a). Flaws and all : Exploring partner-focused obsessive-compulsive symptoms. Journal Of Obsessive-Compulsive And Related Disorders, 1(4), 234-243. https://doi.org/10.1016/j.jocrd.2012.05.004
Doron, G., Derby, D. S., Szepsenwol, O., et Talmor, D. (2012b). Tainted love : Exploring relationship-centered obsessive compulsive symptoms in two non-clinical cohorts. Journal Of Obsessive-Compulsive And Related Disorders, 1(1), 16-24. https://doi.org/10.1016/j.jocrd.2011.11.002
Gorelik, M., Szepsenwol, O., et Doron, G. (2023b). Promoting couples’ resilience to relationship obsessive compulsive disorder (ROCD) symptoms using a CBT-based mobile application : A randomized controlled trial. Heliyon, 9(11), e21673. https://doi.org/10.1016/j.heliyon.2023.e21673
Image : Van Dijk, B. (2022, 27 février). Gens, Visages, Lignes [Illustration]. Pixabay. https://pixabay.com/fr/illustrations/gens-visages-lignes-puzzle-support-7035404/


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