Le CoMuM reviendra avec une nouvelle comédie musicale au printemps 2026 intitulée Alice par cœur. Voici le synopsis :
Notre pièce, Alice par cœur, raconte l’histoire d’une jeune fille réfugiée dans un bunker pendant le Blitz de Londres en 1941. Confrontée à la maladie et à la mort imminente de son meilleur ami, elle se réfugie dans un monde où elle peut contrôler la fin de son histoire : le pays des merveilles. Alice par cœur est une adaptation dramatique du conte mythique Alice au pays des merveilles. À travers ce récit bien connu, la pièce aborde des thèmes profonds et contemporains tels que la guerre, le deuil, le stress post-traumatique et la dépendance. Cette pièce s’adresse à un public averti. (Le point de ventes, 2025).
C’est avec enthousiasme que Kevin Ouzilleau, le directeur artistique, a accordé une entrevue à L’Amnésique, en l’espoir de convier des étudiant.e.s à l’une ou l’autre des présentations.
En tant qu’ancien artiste de la troupe et, maintenant, metteur en scène, qu’est-ce que ça représente pour vous de revenir, mais avec une autre vision de la troupe de théâtre communautaire ?
J’ai joué dans la troupe pendant un certain temps, puis après, j’ai fait autre chose, j’ai travaillé beaucoup. Metteur en scène, c’est vraiment le fun parce que, même si ce ne sont pas les mêmes gens que quand j’étais là, j’ai l’impression que l’esprit de la troupe, la manière de fonctionner, l’engouement des gens pour ces projets-là est resté le même.
Je reviens dans quelque chose de très familier, mais au lieu d’être celui qui se fait dire quoi faire, qui participe à l’effet de gang, je suis celui qui va essayer de maintenir, de créer cet effet de gang-là. Je trouve ça vraiment, vraiment le fun. Pour moi, c’est immense comme privilège de pouvoir revenir dans la troupe d’une autre façon.
Pourquoi avoir choisi Alice par cœur cette année ? Qu’est-ce qui vous a convaincu que c’était une pièce qui allait parler aux étudiant.e.s ?
Les comédies musicales connues, les gens aiment ça, mais [iels] aiment encore plus celles qui sont moins connues. Dans le fond, pour choisir le spectacle, l’exécutif décide préalablement d’un bassin de shows, qui répond à leurs critères. Il y a beaucoup de recherche. Il y a des spectacles qu’on ne peut pas faire, parce qu’ils ont été écrits pour une distribution majoritairement masculine, et ça, ce n’est pas un bon choix pour nous. Cette année, pour la première fois, [iels] ont demandé à la direction artistique, donc à moi, au directeur musical et au chorégraphe, de choisir, parmi les choix qu’[iels] nous ont donnés, lequel nous raisonnait le plus et lequel on pensait être le meilleur. On a choisi Alice par cœur parce que c’est une formule assez différente de ce qu’on fait d’habitude. On est habitué à des spectacles d’environ 2 h 30 avec entracte, des gros numéros comiques, très légers. Là, on avait l’opportunité de faire quelque chose de différent : un show d’environ 1 h 30, 1 h 45, sans entracte, un peu plus dramatique, qui répondait à tous les critères.
Pas beaucoup de rôles masculins, un show plus court, un maximum de quinze personnes. Habituellement, on monte jusqu’à vingt-deux personnes, et c’est beaucoup de gestion d’humains et d’espace sur scène. On cherchait quelque chose de plus sobre, différent, qui se joue bien à moins de gens. Alice par cœur cochait toutes ces cases-là. Puis de base, moi j’aime énormément cette œuvre, parce qu’elle touche à des sujets qu’on ne voit pas souvent dans les comédies musicales.
Vous disiez que la pièce est plus dramatique et touche à des sujets comme le deuil, la résilience. Comment faites-vous pour garder l’équilibre entre ces thèmes et le côté humain de la pièce ?
Le fait d’être dans la troupe a vraiment aidé. Mais de manière générale, moi je suis quelqu’un qui a une santé mentale un peu précaire, et pour qui ces sujets-là sont super importants. La première chose que je dis aux gens de la troupe en début d’année, c’est : « Si vous n’allez pas bien, s’il se passe quelque chose dans votre vie, venez me voir. Je vais vous permettre de manquer une répétition. Le spectacle est moins important que votre santé mentale ». Si finalement les gens sont brûlés, n’éprouvent pas de plaisir, n’aiment pas ce qu’[iels] font ou vont mal profondément, ça va avoir un impact sur le projet et sur le résultat final. Tandis que si on prend soin des gens tout le long du processus, les résultats vont être meilleurs, parce que les gens vont vouloir être là et s’impliquer. Je fais beaucoup d’analyses, je me pose beaucoup de questions sur c’est quoi le deuil. Moi, j’en ai vécu dans ma vie, et chaque fois c’était différent. Il n’y a pas une seule réponse à c’est quoi le deuil, c’est quoi la dépression. Dans le travail, quand on fait une scène où tout le monde est impacté par un événement, je ne veux pas que tout le monde soit triste de la même façon.
On fait un travail de personnage pour tout le monde, même ceux qu’on voit peu. On détermine pourquoi le personnage est là, son histoire, comment [iel] réagirait. Sur scène, même dans un moment triste, quelqu’un peut pleurer avec un sourire, parce qu’[iel] comprend que c’est la bonne chose à faire. Toutes les émotions sont vraies, toutes les émotions sont valides, et il n’y a pas une seule bonne façon de les vivre.
Est-ce qu’il y a eu un moment où vous vous êtes dit que la pièce prenait vraiment vie ?
Oui. Dès le début, on a conçu les horaires en tenant compte du fait que les gens travaillent, ont des fins de session. On a commencé par les scènes d’ensemble, pour créer rapidement un effet de groupe. Les gens ont commencé à connecter, à créer des liens, des amitiés. Ça, c’est déjà une réalisation : j’ai bien choisi les gens. À chaque scène qu’on monte, je me demande : « C’est quoi le message ? » J’implique beaucoup les comédiens [et comédiennes] dans le processus. Je leur demande comment [iels] voient la scène. Quand une scène est terminée et que je vois que les gens ont eu du fun, que moi je trouve ça beau, là je réalise : c’est ça que je voulais montrer. Je suis aussi très à l’aise à retravailler les choses pour que le résultat final soit fidèle à l’essence du show.
À quoi les spectateur.rice.s peuvent-iels s’attendre ?
On sait, dès le début, que le personnage est atteint de la tuberculose et qu’il va mourir. Le timer est parti dès le début. On est entre la réalité et ce qu’on sait qui va arriver. À travers ça, on a tous les personnages du pays des merveilles, qui vivent des choses différentes. Tous ces personnages représentent des émotions qu’on vit dans la réalité, dans un contexte de guerre. On passe par la peur, la tristesse, la colère, le doute. C’est un voyage à travers toutes les étapes du deuil, sous différentes perspectives. Le public va rire, pleurer, douter, être fâché. Ce sera une expérience émotionnelle complète.
Quel a été votre plus grand défi comme metteur en scène ?
Une chanson arrive après la mort du personnage, et musicalement elle est plus heureuse.
Mais on est encore en guerre. Tout ne devient pas soudainement magique.
Trouver cet équilibre-là a été un gros défi. Il y a aussi le fait que beaucoup d’artistes sont jeunes et n’ont pas vécu de grands drames. Les amener à connecter à ces émotions-là, c’est un beau défi d’interprétation.
Comment décririez-vous la dynamique de la troupe ?
Les deux premières répétitions sont basées sur le team building et la lecture.
On fait des exercices de confiance, on apprend à se connaître. On fait aussi des activités à l’extérieur, des sorties, des soupers. Rapidement, les gens arrivent d’avance, parlent de leur semaine, créent des projets ensemble. On veut que les gens se sentent à l’aise avant même de travailler.
Si vous deviez décrire la pièce en trois mots, lesquels emploieriez-vous ?
Il se passe tellement de choses dans ce show-là, mais c’est [absolument] humain, pertinent et attachant.
Pourquoi les étudiant.e.s de l’UdeM devraient venir voir la pièce ?
Avec tout ce qui se passe dans le monde en ce moment, adresser ces sujets-là est pertinent.
La pièce inclut des personnages jeunes et adolescents. C’est important de voir comment on navigue le drame avec eux. On s’attache aux personnages, on leur pardonne. C’est la raison d’être de ce spectacle.
La distribution d’Alice par cœur se produira sur scène du 5 au 7 mars 2026, au Centre d’Essai de l’Université de Montréal, au pavillon J.-A-De Sève. Les billets sont en vente dès maintenant juste ici :
https://lepointdevente.com/billets/aliceparcoeurlacomediemusicale .
Texte révisé par Cassiopée Gauthier.
Références :
Le point de vente. (2025). Alice par cœur – La comédie musicale Lepointdevente.com. https://lepointdevente.com/billets/aliceparcoeurlacomediemusicale
Image : Pompi. (s.d). Salle de spectacle, Cinéma, Théâtre. [Illustration]. Pixabay. https://pixabay.com/fr/photos/salle-de-spectacle-cin%c3%a9ma-th%c3%a9%c3%a2tre-1727890/


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