Entrevues avec des femmes et personnes non-binaires: Juliette Meyer

Parle-nous un peu de toi. Quel est ton parcours universitaire? Quelles ont été tes implications dans la vie étudiante?

Venant de France, je suis arrivée à l’UdeM en 2019 et je ne connaissais rien à l’implication étudiante. J’ai entendu parler du comité féministe et naturellement, je me suis dit que j’allais essayer. Plusieurs crises d’anxiété plus tard, je me suis présentée et j’ai été élue. À partir de ce moment-là, j’étais lancée dans le monde de l’implication étudiante. J’ai ensuite été déléguée aux affaires internes à l’AGÉÉPUM pendant un an, et je suis maintenant présidente de l’association depuis mai 2021.

Pourquoi as-tu décidé de t’impliquer?

Au début, je savais une chose : je suis féministe et j’y accorde une grande importance. À l’aide du comité féministe, je me suis familiarisée avec l’implication étudiante et j’ai adoré ça. J’ai ensuite voulu aller plus loin, me lancer dans quelque chose de nouveau et qui me paraissait gros : l’association étudiante. Le poste d’interne me paraissait accessible et intéressant, je pensais que ça allait me plaire, mais pas trop certaine de savoir dans quoi je m’embarquais. Finalement, c’était la meilleure décision que j’aurais pu prendre. À la moitié du mandat 2020-2021, je savais que je voulais aller encore plus loin dans mon implication. J’adorais l’association et ce qu’elle faisait pour notre communauté étudiante. Je voulais continuer à mettre de mon temps là-dedans, et tenter quelque chose que je n’avais jamais fait avant (et dont je ne me serais jamais su capable sans l’avoir fait).

Qu’est-ce que t’impliquer dans la vie étudiante t’a apporté?

Tellement de choses. Tout d’abord, en pleine pandémie, mon implication m’a apporté un soutien social, des personnes avec qui jaser de nos projets, et de tout et de rien. Des nouveaux et nouvelles ami.e.s. J’ai appris à travailler en équipe, j’ai compris l’importance de la communication, du soutien, l’importance de se mettre des limites, de prendre des pauses, j’ai réalisé que notre travail a une importance, même si parfois les gens ne le voient pas. Mon mandat de présidente en particulier m’a énormément donné confiance en moi, mes capacités, mes choix, et m’a permis de développer des compétences que je garderai pour toujours. Mon implication m’a aussi apporté beaucoup de fierté, envers moi-même et envers mon équipe, qui réalise un travail extraordinaire. De plus, j’ai pu rencontrer plein de personnes incroyables à travers mes trois ans d’implication, des personnes fascinantes qui m’ont beaucoup appris.

De quoi es-tu la plus fière en rapport avec ton implication?

M’être lancée, avoir osé briser le plafond de verre, avoir eu la confiance de me dire « oui, j’en ai envie, et je vais le faire ». J’ai pu réaliser et coordonner plusieurs grands projets pour notre communauté étudiante, je suis à la tête d’une équipe de 20 personnes qui travaillent fort et c’est un privilège pour moi. Je suis devenue moins souciante, plus sûre de moi, plus ferme, plus positive. Je suis aussi restée humble, honnête, vulnérable, émotive et à l’écoute. À travers mon parcours, je suis fière de qui je suis devenue, et de qui je suis restée.

Que représente pour toi le regroupement dans lequel tu t’impliques?

J’ai envie de dire « tout » mais c’est peut-être exagéré haha ! Je rattache beaucoup l’AGÉÉPUM à mon expérience à Montréal. Arrivée au Québec depuis la France il y a deux ans et demi, l’association m’a immédiatement adoptée. Je n’ai pas de mots pour exprimer ma reconnaissance envers l’AGÉÉPUM qui, en tant que personne morale, en fait énormément pour ses membres, j’en suis la preuve. Grâce à l’existence d’une association étudiante, j’ai rencontré des personnes magnifiques, je me suis énormément développée et j’ai eu bien du fun ! Jusqu’à maintenant, l’association a presque toujours fait partie de mon quotidien, en tant que bénévolat, mais aussi en tant que passion. Je termine mon mandat très bientôt et je suis déjà nostalgique à l’idée de laisser mon implication derrière moi.

As-tu fait face à des défis durant ton implication parce que tu es une femme/ personne non-binaire?

Honnêtement, je dois avouer que pas vraiment. Je suis une personne qui doute beaucoup d’elle-même dans la vie de tous les jours, et ça m’en a pris beaucoup pour oser me présenter (à tous les postes que j’ai occupés). J’ai heureusement eu d’excellent.e.s modèles et collègues qui m’ont encouragée dès que je mentionnais vouloir me présenter présidente de l’association, ce qui m’a donné la force de sauter le pas.

Quels aspects de la vie étudiante devraient être remaniés de manière à mieux représenter la communauté des femmes/personnes non-binaires selon toi? Cela peut être par rapport aux comités, aux cours, aux événements étudiants, aux documents universitaires…

Je parle beaucoup de l’importance de l’écriture inclusive et épicène, qui permet vraiment de mieux représenter les femmes et les personnes non-binaires. Elle est relativement facile à mettre en place dans les documents émis par le département, l’Université et peut faire une réelle différence. Bien sûr, je pense que continuer à mettre en place des initiatives et projets comme celui-ci a une importance majeure, pour montrer que les femmes et personnes non-binaires peuvent s’impliquer, que ce n’est vraiment pas si compliqué et surtout que c’est très enrichissant !

Pour faire cette entrevue, une personne a dû proposer ta candidature. Comment te sens-tu par rapport à ça?

Cette question me fait rire, parce que j’en ai longtemps parlé avec une personne qui m’a recommandée. J’ai souvent du mal à réaliser que quelqu’un a écrit un petit paragraphe pour me mettre en valeur. Je me mets rarement de l’avant, je ne veux pas trop prendre de la place (c’est un apprentissage que j’essaye de défaire haha). Je sais en revanche aussi que j’ai des qualités, des compétences et que mon travail dans l’association est important. J’essaye alors d’intégrer ces deux éléments et dans le fond, je suis très reconnaissante envers la ou les personnes qui m’ont recommandée et me permettent de parler de mon expérience en tant que personne impliquée dans l’AGÉÉPUM.

Que dirais-tu à une femme/ une personne non-binaire qui hésite à s’engager?

Si ça te tente, vas-y. Lance-toi. Il y a de grandes chances que tu n’aies rien à perdre. « Tu es ta seule limite » comme on dit. Rien ni personne ne va t’empêcher de te présenter à une élection, ça ne prend pas de compétences particulières pour s’engager dans la vie étudiante, à part avoir à cœur le bien de la communauté étudiante et avoir envie de mettre de son temps là-dedans.

Que signifie être une femme/ personne non-binaire pour toi?

Être une femme c’est une série d’apprentissages à défaire. C’est apprendre à parler fort, prendre de la place et tenir son bout. C’est ne pas se justifier, c’est se montrer présentes, c’est affirmer nos accomplissements. Être une femme c’est être douce avec soi-même et ne pas trop s’en mettre sur les épaules. C’est prendre confiance en nos capacités et savoir trouver sa place. Être une femme c’est garder la tête haute et continuer à être fière de qui nous sommes.

Quels enjeux dans la vie de tous les jours as-tu rencontrés car tu es une femme/ personne non-binaire?

Je me fais plus souvent couper la parole, j’ai parfois l’impression de ne pas être prise au sérieux parce que je suis une femme. Je me suis aussi fait mégenrer plusieurs fois…

Cependant, j’ai la chance d’être entourée de personnes formidables qui me respectent et me considèrent comme une personne, ni plus, ni moins. Je me sens vue, écoutée, considérée et j’ai la chance de pouvoir dire que je n’ai pas peur de m’exprimer.

Qui t’inspire le plus dans le monde des femmes/personnes non-binaires? Cela peut être une personne que tu connais, une personnalité connue, un personnage de livre, de film, de théâtre…

La première personne à laquelle je pense est Léa Genest. Ancienne vice-présidente de l’association et amie en or, Léa est un excellent modèle pour moi. Motivée comme jamais, orientée vers les solutions, enthousiaste, énergique, empathique, elle a énormément apporté à l’association, à nos membres ainsi qu’à l’exécutif. C’est une personne qui rayonne et cela influence les autres. Elle m’a beaucoup aidée dans plusieurs sphères de ma vie et a toujours été présente pour moi. Je l’ai vue aller dans son parcours académique et associatif avec admiration et je prends beaucoup exemple sur elle.

Toutes les femmes de l’exécutif de l’AGÉÉPUM 2021-2022 sont également une inspiration pour moi. Je suis heureuse de les voir s’impliquer dans l’association, réaliser des projets, jongler entre leur implication, les études et le travail, et je suis fière de pouvoir les épauler dans leurs avancées.

Photo prise par Rémy El-Nemr 

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