Un ronron par jour, éloigne le stress pour toujours – Par Stéfanie Mireault

Un chat s’approche, se frotte contre vous et commence à ronronner. Est-ce une simple sensation agréable ou une véritable source de bien-être ? Ce phénomène, que l’on perçoit comme apaisant, reflète en réalité un mécanisme complexe chez le chat. On sait que les chats ronronnent lorsqu’ils sont heureux, mais saviez-vous que ce ronronnement agit également comme mécanisme d’auto-régulation lorsqu’ils sont stressés, blessés, ou même lorsque les femelles donnent naissance à leurs petits (Ontario SPCA and Humane Society, 2024) ? De la même manière que ce mécanisme aide les chats à se réguler, il semble également avoir des effets positifs sur le bien-être et la santé des humains. Dans cet article, nous explorerons les effets physiologiques et psychologiques de la thérapie par les chats et du ronronnement, ainsi que leurs bienfaits thérapeutiques. 

Quand les chats prennent soin de notre corps

La thérapie par les chats aurait des bienfaits sur le plan physiologique, notamment en faisant baisser la pression artérielle, en favorisant le sommeil et en réduisant les risques d’asthme et d’allergies, particulièrement chez les enfants qui grandissent avec un chat (Nagasawa, Ohta, & Uchiyama, 2020). Le ronronnement, plus spécifiquement, pourrait diminuer le risque de maladies cardiovasculaires (Delanoeije et al., 2025).

Plusieurs études suggèrent que les fréquences auxquelles les chats ronronnent, comprises entre 25 et 150 Hertz, peuvent avoir des effets thérapeutiques non seulement pour eux, mais aussi pour les humains, en aidant à réduire le stress, à faire baisser la pression sanguine et à favoriser la guérison des os et des muscles (Muggenthaler, 2001). En effet, ces fréquences correspondent à celles utilisées dans des traitements visant à stimuler la guérison des os et des fractures, à soulager la douleur et l’œdème, à favoriser la croissance musculaire, à détendre les tensions, à améliorer la flexibilité articulaire, à faciliter la respiration ainsi qu’à soigner les blessures (Muggenthaler, 2001).

Quand les chats prennent soin de notre esprit

Selon l’article de Gamboa Ruiz (2025), le ronronnement a été étudié pour ses effets calmants : il pourrait ainsi réduire le stress, l’anxiété et la tristesse. Lorsqu’ils ronronnent, ces félins libèrent des endorphines, des hormones qui améliorent l’humeur et aident à diminuer le stress. Ces endorphines sont également libérées chez les humains en leur présence (Mariani, 2023). De plus, le simple fait de caresser ou de jouer avec un chat augmenterait l’ocytocine, l’hormone associée au plaisir, et diminuerait le cortisol, l’hormone liée au stress, induisant ainsi un état de calme (Nagasawa et al., 2023).

Quand les chats prennent soin de nous à travers la thérapie

Dans un contexte de thérapie animale, les chats n’ont pas besoin de formation spécifique, contrairement à d’autres animaux, pour avoir un effet thérapeutique. En effet, ils possèdent une capacité naturelle à être attentifs, calmes et sensibles aux émotions humaines, ce qui fait d’eux des compagnons idéaux (Gamboa Ruiz, 2025). Pour les personnes souffrant de troubles mentaux graves, la présence d’un chat peut améliorer l’humeur et favoriser des routines d’auto-soin (Gamboa Ruiz, 2025).

De plus, il a été observé que les enfants sur le spectre de l’autisme semblent bénéficier des interactions avec ces animaux, préférant des échanges calmes et prévisibles (Cleary et al., 2023). Leur compagnie s’est également révélée efficace dans les thérapies destinées aux personnes âgées, aux personnes en situation de handicap et aux enfants, tout en apportant une présence réconfortante aux personnes se sentant seules (Sanderson et al., 2024). Enfin, les interactions avec les chats favorisent le bien-être émotionnel, la responsabilité et la socialisation dans divers contextes tels que les hôpitaux, les maisons de retraite, les écoles et les prisons (Tomaszewska, 2017).

Conclusion 

Les effets d’un chat, que ce soit par son ronronnement ou par sa simple présence, apportent des bénéfices significatifs sur notre corps, notre esprit et notre bien-être thérapeutique. Les chats offrent un avantage particulier grâce à leur accessibilité et à leur tendance naturelle à interagir de manière apaisante et thérapeutique. Bien que les recherches mettent en évidence des effets importants, il reste essentiel de poursuivre les études pour mieux les comprendre. Par ailleurs, d’autres animaux, comme les chiens, les chevaux ou les lapins, apportent eux aussi des bénéfices uniques. Il est donc important, en zoothérapie, d’adapter les interventions selon les animaux afin de choisir le compagnon le plus approprié en fonction des préférences et des besoins de chacun.

Texte révisé par Jade Mitchell.

Références 

Cleary, M., West, S., Thapa, D. K., & Kornhaber, R. (2023). Putting cats on the spectrum: A scoping review of the role of cats in therapy and companionship for autistic adults and children. Issues in Mental Health Nursing, 44(6), 505–516. https://doi.org/10.1080/01612840.2023.2195509 

Delanoeije, J., Moons, C. P. H., Peeters, E. H. K. A., & Pendry, P. (2025). Behavioural profile differences between cats in animal-assisted services (AAS) and non-AAS cats using the Fe-BARQ in Flanders. Animals, 15(1), 33. https://doi.org/10.3390/ani15010033 

Gamboa Ruiz, V. O. (2025, 20 mai). Thérapie par les chats : comment leur ronronnement nous aide à surmonter le stress et la tristesse. The Conversation. https://theconversation.com/therapie-par-les-chats-comment-leur-ronronnement- nous-aide-a-surmonter-le-stress-et-la-tristesse-256653

Mariani, N. (2023, 23 mars). Behind cats’ purrs and their healing power: Sharing the benefits. Inspire the Mind. https://www.inspirethemind.org/post/behind-cats-purrs- and-their-healing-power-sharing-the-benefits

Muggenthaler, E. von. (2001). The felid purr: A healing mechanism? The Journal of the Acoustical Society of America, 110(5), 2666. https://doi.org/10.1121/1.4777098 

Nagasawa, T., Kimura, Y., Masuda, K., & Uchiyama, H. (2023). Effects of interactions with cats in domestic environment on the psychological and physiological state of their owners: Associations among cortisol, oxytocin, heart rate variability, and emotions. Animals (Basel), 13(13), 2116. https://doi.org/10.3390/ani13132116 

Nagasawa, T., Ohta, M., & Uchiyama, H. (2020). Effects of the characteristic temperament of cats on the emotions and hemodynamic responses of humans. PLOS ONE, 15(6), e0235188. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0235188 

Ontario SPCA and Humane Society. (2024, 21 juin). Unveiling the secrets and benefits of cat purring. Ontario SPCA and Humane Society. https://ontariospca.ca/blog/unveiling-the-secrets-and-benefits-of-cat-purring/ 

Sanderson, S. L., Emerson, K. G., Scott, D. W., Vidrine, M., Hartzell, D. L., & Keys, D. A. (2024). The impact of cat fostering on older adult well-being and loneliness: A feasibility study. The Journals of Gerontology: Series B, Psychological Sciences and Social Sciences, 79(1), gbad140. https://doi.org/10.1093/geronb/gbad140 

Tomaszewska, K. (2017). Feline-assisted therapy: Integrating contact with cats into therapeutic interventions. Studies in Health Technology and Informatics, 234, 45– 50. https://doi.org/10.3233/978-1-61499-753-5-45 

Image : Mireault, S. (2018). Mon chat ronronnant sur le lit [Photographie inédite]. Collection personnelle de S. Mireault, Lachine, QC, Canada.