Temps qui s’égrène et rêves à la pelletée – par Élodie Labrie

De nos jours, les possibilités de chemin de vie sont multiples et très diversifiées. Je ne sais pas pour vous, mais des rêves j’en ai beaucoup, la difficulté n’est pas de rêver, mais de passer au concret. Poule pas de tête, vous connaissez l’expression non ? Ce n’est pas moi qui le dis… Voici en accès privilégié, mon concept de moi version A+, version courte et abrégée, sinon on ne finirait jamais. Prêts, peut-être vous y reconnaîtrez-vous…

La pianiste ?

La musique est la clé de son cœur, si vous voulez la démasquer, faites-la jouer avec la portée. Do, ré, mi, mélodie et compagnie.

The go with the flow?

La vie est une vague sur laquelle on vogue et qu’on tripe ou badtrip selon les surprises et les événements incongrus. Tu as piqué du nez et tu t’es retrouvé à manger du sable, les mains écorchées ? Relève-toi et repars. Ceux à qui s’est déjà arrivé au sens littéral, je suis certaine que vous souriez en coin.

L’organisée ultra planifiée ?

Reine des to-do lists, prête à trouver le livre à lire pour chaque événement de vie ou encore à planifier un party à succès, prête toujours, productive.

Grande voyageuse ?

Où la joie serait à son comble parmi les villes, les cultures et les amis d’une terre qui m’est jusqu’alors inconnue. Quand tu connais l’Inde au fond de ta poche et les racoins du Maroc, on dirait que tu deviens sympathique. Oui pas de doute, les voyages forgent le caractère et attendrit les cœurs, cliché, mais vrai, pardonnez-moi.

L’humoriste née ?

Une fébrile tentation à capturer les sourires et les rires au plus profond de ses tripes jusqu’à en avoir mal de plaisir. Capturer les sourires comme les papillons, égoïsme poétique. Les plis d’oies apparaissent, les yeux sont lumineux, la dentition se met à nue chez l’autre, et voilà, un sentiment d’euphorie.

Amoureuse des mots ?

 Langue française que je t’aime, sarcelle et varicelle, métaphore fortifiée, clapotis et salami. Quand tu possèdes l’art des mots, souverain, tu deviens, les gens t’écoutent, toi, drôle de poète des âmes imparfaites. Je peux faire des entourloupettes et des galipettes avec les mots.

 Cœurage : quand un cœur porte le courage dans ses ventricules.

 Mousseleux : le mot semble mou et douillet, non ?

 Amile : un ami qui tombe dans le mile.

 Libre à toi de transformer tes idées en mots chaleur/charmeur ou en mots froid/froisseur. Quand ta tête est un tourbillon de mots, un papier et un crayon sont des remèdes miracles. Parfois, un mot-graine peut faire germer une fleur-inspiration, mais parfois le mot-graine se transforme en migraine. Puissants sont les mots.

Moana (autrement dit une fille de l’océan) ?

Surfeuse blonde (de préférence), les cheveux au vent, libre, connectée à la nature, bronzée (aussi de préférence) et avec une maison près de l’eau et un amoureux aussi surfeur (de préférence).

Spontanée ?

 Les mots sortent de sa bouche comme si une force insoupçonnée entrainait le tourbillon d’idée, loin, très loin. Elle prend les gens au dépourvu, jongle avec les blagues, les imitations. Le rayon de soleil en personne. J’avoue avoir plus de difficulté avec ça, mes curieuses impertinences se heurtent à ma bouche close. 

Créative ? Excentrique ? Artistique ?

 On la reconnaît de loin celle-là, elle a une aura de magnétisme, d’esprit libre et coloré. Ou sinon aspirée par ses tourments, sa douleur. AHHH les artistes (sarcasme, on les aime bien).

Spartan Race, Triathlon, Natation ?

 Musclée, bien dans sa peau, elle respire la confiance des grands athlètes. Le regard perçant et la tête haute, elle connaît sa force, la douleur elle connaît. Pas de temps à perdre avec les pleurnichards. Horaire pressé comme un citron, se lever à 6 heures du matin pour faire du vélo en Virginie au lieu de se prélasser dans le lit. Pas de problème ! (J’ai réellement une amie qui faisait ça, soit dit en passant, coucou !)

L’amie de tout le monde ?

Allo Philippe ! Hey salut Xavier ! Flooorence ça fait bien longtemps qu’on s’est vu ! Salut je m’appelle (nom enchanteur aux sonorités enchanteresses) et toi ? Louis ? Enchanté ! Est-ce que tu fais du sport ? Ah oui, de l’escalade ? Moi aussi !

La Queen de l’environnement ?

Ça, c’est vraiment un dur de dur travail. Déjà, de ne pas déprimer considérant la situation de la planète est un succès en soi. Ensuite, des dizaines de choix s’offrent à toi (si tu en fais un ou deux, c’est déjà chapeau).

 Être végétarien, végane, faire sa pâte à dents, son déo, utiliser des savons en blocs, utiliser le moins possible l’auto, l’avion, le bateau, magasiner dans des friperies, donner, réutiliser, composter, recycler, prendre des douches (pas de bain), aller à la biblio au lieu d’acheter des livres, manger le plus local, bio, PAS DE PAILLES, DE BOUTEILLES DE PLASTIQUE (ça, c’est la base), aller aux manifestations environnementales, voyager moins loin, moins de chauffage et tellement plus !

Intellectuelle ?

 Bien sûr les lunettes ajoutent au style, je me plais à dire que j’ai des lunettes d’intello. J’aime parler de tout et de rien, de la science et de politique. Quand tu as la curiosité d’esprit, c’est comme être un enfant tout le temps émerveillé lorsque tu apprends de nouvelles choses. Intello et rat de bibliothèque. Plus jeune je lisais des livres à la tonne, parfois jusqu’à 4 livres en même temps ! Dans les files d’attente, dans l’auto, au parc, partout, sur tout. Les livres de recettes en passant par les livres de voyage. D’où l’amour des mots vu plus haut.

Style vestimentaire féminin/masculin/vintage/romantique/sportive/moderne/chic…

L’aventurière ?

Cordon bleu ?

20 ans, le temps est expiré mademoiselle, que voulez-vous faire ? Parce que franchement j’hésite là, sur quoi je me branche ? Escalader une montagne, prendre des cours de surf, me mettre au yoga, m’entraîner beaucoup et faire des courses, faire de longues études universitaires, écrire un livre, devenir zéro déchet, végétarienne, faire du saut en bungee ? Tant de défis stimulants et si peu de temps.

J’ai envie d’être tout ! Méchant problème. Ce n’est pas un désir de perfection, mais plus d’excitation, de versatilité et de non-routine qui m’interpelle.  Mais à relire tout ça, je suis déjà épuisée. C’est un peu faire de tout et n’être bonne dans rien.

Pourquoi je ne pourrais pas être la débutante en yoga avec un look de surfeuse, qui fait de son mieux avec l’environnement, qui aime les mots pour soulager les maux des gens, organisée et limite control freak des listes pour un projet, go with the flow une fois le projet commencé, timide, mais spontanée, drôle à ses heures, studieuse à temps plein, faire des excursions de temps en temps, vivre près de l’eau, jouer du piano chez moi pour le plaisir, changer de style vestimentaire chaque jour et finalement vivre comme je l’entends bon sang.

J’ai toujours eu une anxiété face au fait de vieillir. Plus jeune, alors que mes amies voulaient grandir à tout prix et étaient impatientes d’entrer parmi le clan des adultes, j’étais pleinement reconnaissante d’être une enfant sans soucis. Plus jeune, mais un peu moins jeune, l’adolescence me rendait anxieuse, vais-je avoir une « crise d’adolescence » ? 

Le temps est derrière nous, somnolent et silencieux, mais toujours là et qui s’écoule jusqu’à notre fin. Tic tac, tic tac. Bientôt nous serons en 2020. C’est fou comme ça passe vite. Devant toutes les belles opportunités que la vie peut nous offrir, je trouve difficile de rester de marbre face au temps qui s’échappe. Il ne faut pas oublier aussi que le temps s’égrène pour nous, mais pour nos proches aussi. C’est le jeu de l’équilibriste : avoir un pied entre accomplir une multitude de choses, voir, sentir la diversité de la planète, mais aussi avoir l’autre pied pour prendre le temps d’être là pour sa famille, ses amis et soi-même.

Pour finir, je suis tombée sur mes vieux carnets de poèmes lorsque j’étais jeune, cette effervescence de choix et la pression du temps me préoccupaient déjà, drôle quand même :

Devrais-je aller au SUD

Vers l’université et les études ?

Devrais-je aller à l’OUEST

Escalader l’Everest et faire mille prouesses ?

Devrais-je aller à l’EST

Vers la rêverie et les astres célestes ?

Il n’y a pas de mauvais choix

Va à droite, à gauche, et saute

Mais surtout, n’hésite pas à revenir

Ou à emprunter une autre direction

Ne te laisse pas détruire par un échec

Et essaie toujours de nouvelles expériences

Car de toute façon le chemin est inévitable

Comme une boussole qui pointe toujours vers le NORD…

Alors, vis !

Révisé par Charles Lepage


À lire

Il était une fois qui n’était plus par Marie Tougne

Libres de penser ? – par Anouk Tomas

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