Je quitte l’Université – par Jeanne Benoit

Je quitte l’université

« Il y aura toujours une autre occasion, un autre ami, un autre amour, une force nouvelle. Pour chaque fin il y a toujours un nouveau départ. Fais de ta vie un rêve, et dun rêve, une réalité. »

 – Le Petit Prince

Je ne suis pas de celle qui justifie ses choix de long en large. J’ai cependant l’impression de devoir une ou deux explications à tous ceux qui ont fait de mon parcours universitaire une épopée colorée. Pour des dizaines de raisons, j’ai pris la décision de quitter les bancs d’école. Au départ, j’avais besoin de souffler, de me retrouver, de faire le point et de recharger mes batteries. Je pensais quitter l’aventure pour une saison, mais je brille par mon absence cet hiver aussi. 

La vérité, c’est qu’en prenant du recul, j’ai réalisé que le bonheur, il poussait dans mille autres sphères de la vie qui n’ont rien à voir avec un relevé de notes, un diplôme, un curriculum vitae ou un laboratoire de recherche. J’ai réalisé que le bonheur, mon bonheur, je l’avais perdu de vue en m’étourdissant dans une tempête de projets, de résultats scolaires, de demandes de stage et de sessions d’études accompagnées de cafés trop chers pour mon budget d’étudiante. Comme des milliers d’étudiants, j’ai eu ma part de rigolades auto dévalorisantes et de crises d’angoisse en sessions d’examens.

Mon bonheur, c’est d’apprendre par plaisir de m’instruire. C’est de partager mon quotidien, ce qui est ordinaire et ce qui l’est moins, avec ceux que j’aime. Rencontrer de chaleureux humains. Être facilement impressionnée. Créer. Explorer. Rire. Aimer. C’est la base, me diras-tu. Pourtant, le bonheur, il se cultive et chacun a sa propre recette pour fleurir. La mienne, c’est l’aventure.

Je vous épargne toutes mes réflexions sur la place de la performance, de l’argent et du regard des autres. Tout ce que je vais dire, c’est que la vie est courte, tellement courte, mais elle est pourtant si douce. J’ai envie de l’apprécier. J’ai envie d’aller me coucher tous les soirs avec l’âme qui se balance doucement sur la Lune ; me lever le matin avec la joie de vivre qui valse avec les rayons du soleil.

Spoiler alert, Jeanne de la jungle — la grande sensible — a décidé de suivre son cœur et de tout laisser derrière pour s’impliquer ailleurs. Je suis éternellement reconnaissante pour les rencontres et les occasions qui ont tapissé les corridors de mon parcours universitaire.

Du haut de mes 21 ans, je me choisis. J’apprends. J’aime.

Ma carrière peut attendre.

Le gars du bar

«Ce n’était qu’un renard semblable à cent mille autres. Mais j’en ai fait mon ami, et il est maintenant unique.»

 – Le Petit Prince

Près du chansonnier d’un bar trop bruyant, j’ai eu la chance de rencontrer celui qui allait devenir mon compagnon d’aventure version hiver 2020. Janvier tire à sa fin et je regarde en arrière… je me dis que trop souvent, on prend pour acquis les moments qui changent nos vies.

Le gars du bar, c’est le genre d’humain qui prend le temps de prendre le temps. Le genre de personnalité qui t’encourage à te dépasser, à rire trop fort, à t’exprimer ; le genre qui embarque dans n’importe quelle folie et qui veut te voir épanoui. Le gars du bar, c’est celui qui est une aventure à lui seul ; le genre facile à vivre qui ne te fait jamais sentir mal d’être trop ou pas assez. C’est le passionné qui prend ta main pour marcher deux trois kilomètres dans la direction qui t’allume et qui t’encourage à être la meilleure version de toi-même.

Le gars du bar, c’est un ami précieux, un grand rêveur, un amoureux des jours qui passent. C’est celui avec qui je quitte, question de troquer ma Montréal bien-aimée pour les Rocheuses canadiennes. C’est celui à qui je voulais prendre le temps de dire merci.

Merci d’être aussi vivant et impliqué. Merci d’être aussi spontané et ouvert. Merci d’être la preuve vivante que les chemins non conventionnels sont quand même parmi les plus intéressants pour tellement de gens.

On s’appelle, on déjeune

«Mais si tu m’apprivoises, nous aurons besoin l’un de l’autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde.»

 – Le Petit Prince

Quand j’ai annoncé à mes proches que je quittais, j’ai eu droit à un éventail de réactions. La plus douce de toutes m’a rappelé que l’amour ne peut pas être dompté. Les oiseaux ne volent pas en cage et les cœurs s’épanouissent mieux en liberté. Merci aux précieux qui acceptent de me laisser partir et qui m’aiment plus fort encore, malgré la distance et la présence, parce que je poursuis mes rêves. J’en suis éternellement reconnaissante.

Le temps est un concept élastique. Il est tout ce qui nous est donné, avec une tonne de choix à faire en chemin. On apprécie trop souvent ce qu’on possède seulement après l’avoir perdu. On ne se dit assurément pas assez qu’on s’aime. On oublie à quel point on a besoin de l’autre et à quel point l’autre a besoin de nous. On préférerait croire qu’être self-made c’est tellement plus courageux. La vérité, c’est que la chose la plus courageuse que j’aie faite c’est d’avoir pris la décision de laisser des gens faire partie de mon aventure. Des fois on prend une main pour un moment, d’autres fois on ne la lâche jamais. J’ai la chance de faire partie de ceux qui ont un filet social bien solide. J’ai des amis fantômes que je vois une fois par année, mais qui sont toujours au bout du fil quand j’en ai besoin. J’ai des amis quotidiens qui ne passent pas une heure sans m’écrire. J’ai les entre-deux. J’ai des amis qui acceptent de me suivre dans mes projets « coups de tête » et des rationnels qui me rappellent que le crédit n’est pas gratuit ou que faire du pouce à l’étranger, c’est être téméraire un peu. J’ai des amis party et des amis pyjamas. J’ai des collègues qui sont devenus des amis, des inconnus qui sont devenus de la famille. Dans tous les cas, j’ai de la chance de les avoir. J’ai de la chance de naviguer sur un radeau pas toujours solide et d’avoir autant de bouées de sauvetage que de membres d’équipage. J’ai de la chance de partager des rires, des pleurs, des idioties, des conversations profondes, des factures, des danses, des silences, des verres, des dodos et tout ce qui compose une belle histoire avec des gens précieux de qui je suis fière. Tellement fière que, des fois, j’ai les larmes aux yeux en pensant à toutes ces belles âmes qui composent mon épopée. Je voudrais tellement que ces gens-là sachent ce qu’ils représentent. 

C’est triste qu’on prenne pas assez souvent le temps de se regarder d’humain à humain, les yeux dans les yeux, et de se dire qu’on s’aime. C’est important de s’informer, de s’écouter, de s’entourer. Aimez-vous, puis soyez fiers d’être capables de le montrer. Le monde a besoin de chaleur humaine à l’année.

Révisé par Cléo St-Martin


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