Contraception et charge mentale – Par Catherine Gorka

La contraception existe depuis très longtemps et sa première forme daterait de l’ancienne Égypte, il y a plus de 4000 ans. Des mélanges de bouse de crocodile et de miel ou des tampons avec du miel d’acacia étaient laissés dans le vagin pendant un long moment (Comparetto et Borruto, 2014). De plus, après les rapports, il était suggéré de laisser dans le vagin un mélange de vin, d’ail, de fenouil et de lavande (Comparetto et Borruto, 2014). Plus tard, dans la Grèce antique du 5e siècle, le célèbre médecin Hippocrate suggéra un mélange de sulfates de fer et de cuivre à insérer dans le vagin sous forme de tampon avant les rapports sexuels (Comparetto et Borruto, 2014).

Depuis, les méthodes contraceptives se sont diversifiées. Effectivement, de nos jours, il est possible d’en dénombrer plus d’une quinzaine.

Les 18 méthodes de contraception les plus notoires en Amérique sont (Planned Parenthood, 2020) :

  1. L’implant contraceptif
  2. Le stérilet
  3. Le capuchon vaginal
  4. L’anneau vaginal
  5. Le patch contraceptif
  6. La pilule contraceptive
  7. Le préservatif / condom
  8. Le condom interne ou féminin
  9. Le diaphragme
  10. L’éponge contraceptive
  11. Le spermicide
  12. L’injection contraceptive
  13. La méthode du retrait
  14. L’allaitement comme méthode contraceptive
  15. La méthode de la sensibilisation à la fertilité
  16. La ligature des trompes
  17. La vasectomie
  18. L’abstinence / outercourse

L’implant contraceptif, le stérilet, le capuchon et l’anneau vaginal, le patch contraceptif, la pilule contraceptive, le diaphragme, l’éponge, l’injection contraceptive, le condom interne ou vaginal, le spermicide, l’allaitement comme méthode contraceptive, la méthode de la sensibilisation à la fertilité ainsi que la ligature des trompes s’adressent principalement aux femmes. Pour les hommes, il existe la vasectomie et le condom dit « traditionnel ».

Les méthodes plus efficaces pour prévenir les infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS) sont le condom dit « traditionnel » et le condom interne ou féminin. La différence entre les 2 types de condoms repose sur le fait que le condom de type interne ou féminin est une barrière de latex ou de polyuréthane qui va se mettre à l’intérieur d’un vagin plutôt que sur un pénis comme c’est le cas avec le condom dit « traditionnel ». Bien que les coûts soient minimes, leur efficacité laisse néanmoins encore à désirer pour la prévention des grossesses non souhaitées, avec respectivement 85 % et 79 % d’efficacité.

Outre le risque de contracter des ITSS, la perspective de grossesses non désirées peut être stressante. Nous pouvons même parler d’une charge mentale associée à la contraception. La charge mentale est la « sollicitation constante des capacités cognitives et émotionnelles d’une personne, liée à la planification, à la gestion et à l’exécution d’une tâche ou d’un ensemble de tâches » (Office québécois de la langue française, 2018). Par exemple, le fait de devoir penser à avoir sur soi un préservatif ou de prendre ses pilules contraceptives à des heures régulières peut constituer une charge mentale supplémentaire associée à la contraception. Prise de manière individuelle, la charge mentale associée à la contraception semble bien légère. Pourtant, elle s’ajoute à une série d’autres charges mentales associées aux autres éléments de la vie quotidienne. Par exemple, pour une mère au foyer, on pourrait mentionner, entre autres, la préparation des repas, les soins portés aux enfants, l’entretien ménager, etc. Tous ces aspects du quotidien s’empilent et peuvent causer une charge mentale qui devient alors trop forte et qui, à son tour, peut mener à une surdose de stress et à de l’épuisement. 

Pour alléger la charge mentale liée à la contraception, le choix de méthodes contraceptives plus adaptées à l’utilisateur.trice, l’implication des partenaires et plus encore peuvent être des pistes de solutions.

Le choix de méthodes contraceptives

L’implant contraceptif, tel que le Nexplanon ou l’Implanon, s’installe de manière sous-cutanée dans le haut du bras. Une fois en place, l’implant peut protéger contre les grossesses pour une durée d’efficacité allant jusqu’à cinq ans. Bien qu’il n’est pas toujours facile de trouver un.e professionnel.le de la santé pour procéder à l’installation de l’implant, il s’agit d’une bonne alternative à la pilule contraceptive qui requiert elle d’être prise sur une base quotidienne. L’option du stérilet est aussi disponible. Il peut être pris avec ou sans hormones et peut rester en place pendant plusieurs années. Un stérilet hormonal peut protéger contre les grossesses entre 3 et 7 ans alors qu’un stérilet en cuivre comme le ParaGard sera efficace et restera en place pendant 12 ans. Le stérilet demande de consulter un.e professionnel.le de la santé pour pouvoir le poser. De plus, il peut coûter plus cher que la pilule contraceptive.

Se sentir davantage concerné.e et s’impliquer dans la contraception

Il ne faut pas confondre les deux termes « concerné.e » et « s’impliquer ». En effet, le premier fait référence à l’ouverture au dialogue avec ses partenaires, au fait de s’informer et de s’éduquer sur les différentes méthodes contraceptives. Quant à « s’impliquer », il renvoie à quelqu’un qui est prêt.e à prendre sa part de responsabilités liées à la contraception pour alléger la charge mentale que cela peut représenter pour ses partenaires. La façon de faire que l’on pourrait juger optimale serait de se sentir plus concerné.e et de s’impliquer davantage. Par exemple, une option originale serait de partager les coûts associés à la contraception entre les partenaires.  Dans une société moderne où il y aurait un clivage genré minimal, voire absent, cela serait favorisé puisque l’aspect de se soucier de l’autre n’est pas cantonné à un genre ou à un sexe en particulier.

Pour plus d’informations concernant la contraception :

Fédération du Québec pour le planning des naissances (FQPN)

(https://www.fqpn.qc.ca)

Hôpital général juif | La santé des femmes

(https://www.hgj.ca/patients-et-visiteurs/centre-de-ressources-pour-les-patients-et-leur-famille/naviguez-des-sites-web-sur-la-sante/la-sante-des-femmes/)

Centre de Santé des Femmes (CSFM)

(http://www.csfmontreal.qc.ca)

Gynecopositive

(http://gynecopositive.com/06-montreal-1)

Votre vie

(https://www.your-life.com/fr/)

Séréna

(http://fr.serena.ca)

Révisé par Hamza Zarglayoun


Références

Comparetto, C. et Borruto, F. (2014). The history of contraception: From ancient egyptians to the « morning after ».            https://www.researchgate.net/publication/293071233_The_history_of_contraception_From_ancient_egyptians_to_the_morning_after

Dittrick Museum. (2019, 11 janvier). Some of the contraceptive items on display at the Dittrick Museum [image en ligne]. Cleveland.com.             https://www.cleveland.com/entertainment/2015/04/historical_birth_control_lectu.html

Office québécois de la langue française. (2018). Charge mentale. Office québécois de la langue française. http://gdt.oqlf.gouv.qc.ca/ficheOqlf.aspx?Id_Fiche=26543825

Planned Parenthood. (2020). Birth control. https://www.plannedparenthood.org/learn/birth-control


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