Survivre au bac en psycho mentalement et réussir! – Par Emmanuelle Ayotte

Aujourd’hui, j’ai le goût de vous faire part de mon expérience au baccalauréat et de ce que j’aurais aimé faire différemment, maintenant que j’ai acquis une sagesse incommensurable, rendue au doctorat en psychologie. En passant, soyez averti.e.s :  j’ai un humour douteux et les exagérations en font partie!

J’ai donc survécu à un parcours assez linéaire, quoique particulier, au sein du feu programme de baccalauréat en psychoéducation et psychologie. Ce parcours a été magnifiquement parsemé de moments de stress et d’anxiété, à un point tel que je vomissais avant mes examens. Mon cousin m’appelait d’ailleurs affectueusement « vomi ». J’étais tellement stressée à l’idée de ne pas pouvoir accéder au doctorat, que j’en étais obsédée. Tout tournait autour de cela. Lors de rassemblements familiaux (nous y avions droit, à cette époque lointaine), j’amenais mes lectures avec moi. C’est d’ailleurs dans le cadre de ces soirées que j’ai hérité de ce nouveau surnom. Je parlais la majorité du temps à quel point j’étais stressée et à quel point je devais étudier. Mes proches ne comprenaient pas la pression sous laquelle je me trouvais… Et bien entendu, celle-ci était et demeure réelle! Toute cette pression externe et interne a contribué à affaiblir ma santé mentale et à me rendre malade physiquement. J’ai travaillé fort et j’ai réussi à être acceptée en passage direct du baccalauréat au doctorat en psychologie clinique.

Vous vous demandez peut-être si cela en valait la peine. Oui… et non.

L’accès aux cycles supérieurs, selon moi, est réellement synonyme de succès. Je suis heureuse de dire que je n’ai pas trop de regrets, puisque j’ai été acceptée dans le programme de mon choix. Néanmoins, j’y suis arrivée essoufflée, avec de l’énergie en moins et une charge mentale élevée. Mon sens de la compétition, ainsi que mes exigences élevées envers moi-même et les autres demeurent présents chez moi. C’est justement sur ces critères que nous avons été sélectionné.e.s. Toutefois, rendu.e.s au doctorat, les professeur.e.s nous ont dit que nous pouvions maintenant « relaxer » et que les exigences élevées étaient derrière nous. Évidemment, c’est très encourageant et facile à dire, mais de défaire des habitudes si bien ancrées, c’est une tout autre chose. J’ai eu et j’éprouve encore beaucoup de difficultés à changer. Je ne vomis plus avant mes examens (wouhou!), mais j’ai encore cette pression que j’ai si bien internalisée.

Heureusement, je côtoie des personnes qui sont beaucoup moins stressées et qui sont plus YOLO (You only live once) et je les admire pour cela. Elles ont réussi à accéder aux cycles supérieurs en travaillant fort, bien entendu, mais sans cette pression aussi immense que celle que je me mettais sur les épaules. Ce sont d’excellent.e.s thérapeutes et étudiant.e.s qui performent bien, qui sont en santé et qui semblent heureux.se.s (ce qui est peut-être plus rare au baccalauréat). Ce sont des personnes incroyables qui ont développé une volonté de survivre dans leur scolarité et d’y accorder l’importance qu’elle mérite. En ce sens, la scolarité constitue une facette de la vie de l’étudiant.e, mais n’est en rien suffisante. Nous avons tous et toutes une vie (oui! Oui!) et nous devons la ménager, en prendre soin et, tout simplement, la vivre : se reposer, écouter Netflix, dormir, manger un bon repas, chanter à tue-tête, griffonner un dessin, jouer de la guitare même si vous êtes à un niveau d’extrême débutant.e (du genre, vous avez commencé à en jouer pendant la pandémie), écouter des vidéos Youtube (K-pop, Brad Mondo, tops 10 des lieux les plus beaux à visiter… Il faut bien rêver!). Bref, faire des activités qui nous font du bien n’est pas une perte de temps! Cela devrait être indiqué dans notre liste à faire au même titre que les travaux scolaires. C’est réellement nécessaire! Lorsque j’étais au baccalauréat, on m’a fait des discours semblables et je ne croyais pas que l’on pouvait réellement comprendre ce qu’était la compétition. Par contre, avec du recul, je vois que dans les faits, on voyait plus clair que moi.

Comme ma mère me l’a dit plusieurs fois : « En même temps, tu ne pourras pas te rendre au doctorat si tu es morte ». C’est peut-être extrême, mais cela résume bien le message que j’essaie de faire passer ici : il n’y a aucune honte à prendre soin de soi, à aller consulter, à avoir du fun, etc. C’est même essentiel! Je me dis qu’éventuellement, à force d’entendre ce message, il va rentrer et, souhaitons-le, qu’il sera intégré plus tôt que pour moi! Sur ce, allez-y! Réussissez ce que vous entreprenez, mais prenez en même temps soin de vous, parce que vous êtes important.e.s et le méritez! Réussir à préserver une santé mentale, c’est tout aussi louable que de réussir des exploits académiques. N’abandonnez pas : prenez un peu de recul, recentrez-vous sur ce que vous aimez et sur la magnifique personne que vous êtes; parce que, de reculer, dans ce sens, c’est d’être en mesure d’avancer.

Je vous aime ❤

Révisé par Eddy Fortier


Référence

Chinnapong. (s. d.). Innovative learning, creative educational study concept for graduation and school student success with world lightbulb on teacher chalkboard [image en ligne]. Adobe Stock. https://stock.adobe.com/images/innovative-learning-creative-educational-study-concept-for-graduation-and-school-student-success-with-world-lightbulb-on-teacher-chalkboard/280340773?prev_url=detail


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