Lettre à ma relation toxique – Par Mégane Therrien

Pourquoi se fait-on autant de mal ?

Nous sommes nombreux et nombreuses à nous faire du mal en entretenant des relations nuisibles pour notre santé mentale. Cette personne toxique qu’on ne peut laisser tomber, cette amitié toxique qu’on ne peut se résigner à mettre fin, cette relation amicale toxique qui revient tel un yo-yo à chaque fois qu’on se retrouve célibataire. Nous nous convainquons que nous méritons cette relation, que nous sommes dignes de cette relation qui nous fait plus de mal que de bien. Nous sommes bien loin du « vaut mieux être seul.e que mal accompagné.e ». Nous acceptons de donner à cette personne beaucoup de pouvoir, comme celui de ne pas être considéré.e à notre juste valeur, celui d’être pris.e pour acquis.e ou celui de nous blesser. Cette personne nous utilise continuellement à notre désavantage. Pourtant, nous acceptons d’être l’ami.e qui est toujours présent.e lorsque l’autre a besoin de notre aide, alors qu’iel n’est même pas capable de lever ses deux pouces pour répondre à nos messages textes. Nous acceptons de ne pas être la priorité d’une personne qui est pourtant la nôtre.

Mais pourquoi accepter que notre cœur se fasse ainsi piétiner ?

Message à toi, celui ou celle qui me brise le cœur : je ne te laisserais plus avoir autant de pouvoir sur moi.

Je me suis longtemps brisé le cœur moi-même à m’accrocher à des attentes trop élevées, à tomber en amour avec l’idée que je me faisais de la personne que tu pourrais être ou de ce que l’on pourrait être ensemble. Puis, en étant sans arrêt déçue d’avoir créé dans ma tête un individu que tu ne seras jamais réellement. C’est en réalisant tout le mal que tu m’as fait que j’ai décidé de reprendre le contrôle de moi-même et que j’ai décidé enfin de m’éloigner de toi et de toute ta toxicité.

Peut-être regretteras-tu autant que moi que ces beaux moments soient derrière nous : les fous rires, les soirées où tout était encore si beau, les soirées où on se gardait éveillé.e.s  en s’envoyant des messages qui, en réalité, ne voulaient rien dire, les soirées qui sont devenues floues, parce qu’elles n’existent plus ou parce qu’on avait trop consommé. Une partie de moi espère que tu te sentiras coupable de ne pas m’avoir vu comme moi je te voyais et de ne pas avoir reconnu ma juste valeur comme je l’espérais. Une autre partie de moi sait se contenter des moments que l’on a partagés et est capable de s’avouer que c’était bien le temps que cela a duré. J’espère réellement réussir à me convaincre, un jour, que tu n’étais qu’une expérience de vie, que de toute façon nous étions voué.e.s à l’échec et que dans tous les cas notre chimie toxique aurait finie par nous séparer. Mais, pour le moment, je ne peux que t’en vouloir de m’avoir fait sentir que je n’étais pas assez.

Je me reconstruis lentement et j’espère que tu n’auras pas l’audace de revenir m’enlever des morceaux de moi-même. Je me reconstruis lentement et j’espère qu’un petit moment passera avant qu’on se revoie. Un petit moment pour laisser redescendre la poussière que tu avais soulevée en détruisant tout sur ton passage et pour éviter de que je m’écroule à nouveau.

Je veux pouvoir me dire que je vaux la peine d’être appréciée dans mon entièreté, pas comme tu l’as fait. Je veux être capable de penser que quelqu’un appréciera mon air bête avant mon café, mes calls baveux quand je suis fâchée, mon anxiété qui me fait douter de moi-même et mes arguments incessants (lire : ma tête de cochon) quand je pense avoir raison. Je veux rebâtir mon estime et ne plus jamais avoir à le détruire pour quelqu’un.

Alors à toi, être toxique qui m’a abîmée, j’aimerais te dire que je ne culpabiliserai plus, que je ne me laisserai plus me faire rabaisser ni dévaloriser.

Et à toustes ceux et celles qui ont été déçu.e.s, autant en amour qu’en amitié, j’aimerais rappeler à tous nos petits cœurs endoloris qu’il ne faut plus l’accepter. Il ne faut plus accepter le fait de ne pas être apprécié.e à notre juste valeur. Il ne faut plus se permettre de penser que nous ne sommes jamais assez. Parce que, malgré ce qu’on peut parfois nous laisser penser, nous méritons le meilleur et rien de moins.

Révisé par Cléo St-Martin


Référence

Stocksnap. (2017, 5 août). [image en ligne]. Pixabay. https://pixabay.com/fr/photos/personnes-femme-noir-et-blanc-2590606/


À lire

Ces amitiés que l’on perd de vue – Par Charlène Morier

Lorsqu’elle chante – Par Jessica Herrera-Roberge

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s