La discrimination au quotidien – Par Mégane Therrien

« Le terme “ discrimination ” désigne un comportement inapproprié, voire injuste, envers des individus en raison de leur appartenance à un groupe social donné. » (Brauer, s. d., paragr. 2). Certains types de discrimination, telle que la discrimination raciale et la discrimination de genre, sont plus évidents que d’autres. Pourtant, il existe d’innombrables sources et manifestations de discrimination, certaines plus subtiles que d’autres. En questionnant mon entourage, il m’a été possible de discerner des éléments de discrimination concernant l’âge, le poids, la sexualité ainsi que l’orientation sexuelle. Voici leurs réponses à quelques questions qui leur ont été posées.

Ma vie sexuelle m’appartient !

Selon toi, as-tu déjà été victime de discrimination ? Quel en était le motif ?

P1 : Oui, je crois avoir déjà été discriminée pour plusieurs raisons, telles que pour mon poids et mon sexe. Pourtant, le motif m’ayant le plus atteint dans ma vingtaine fut la sexualité, plus précisément le fait d’être jugée puisque j’étais encore vierge[1].

P2 : Je crois en avoir vécu tout d’abord parce que je suis une femme, ce qui a causé de la discrimination pour plusieurs raisons différentes. Toutefois, celle m’ayant le plus marquée, du haut de mes 23 ans, est celle au niveau de ma sexualité. Je me suis sentie jugée sur la façon de vivre ma sexualité, lorsque je faisais le choix de ne pas en avoir ou, au contraire, lorsque j’étais très active. Je crois avoir été jugée sur le fait d’être active sexuellement puisque je suis une femme et que je veux essayer différentes choses.

Quels comportements les gens avaient-iels envers toi ?

P1 : Plusieurs m’ont fait ressentir, ou m’ont carrément dit, qu’iels ne me croyaient pas que j’étais vierge, jusqu’à m’obstiner sur le sujet. Bien sûr, je me suis fait dire que j’étais prude et d’autres ont essayé de le justifier par l’attente du mariage (ce qui n’est pas le cas pour ma part). Le pire est que l’on m’a souvent fait sentir que je n’étais pas normale, qu’il devait y avoir quelque chose qui clochait chez moi pour justifier que je n’aie pas encore perdu ma virginité.

P2 : J’ai ressenti que les gens changeaient la perspective qu’iels avaient de moi selon ce qu’iels savaient de ma vie sexuelle. Les gens se permettaient d’avoir une opinion sur les personnes avec qui j’avais couché et même de me juger par rapport à celles-ci : « Ah ouin t’as couché avec ce gars-là ? ». Ensuite, lorsque j’ai fait un trip à trois, les gens se sont révélé.e.s être surpris.e.s et c’est devenu un running gag entre mes ami.e.s, mais aussi pour des gens que je ne connaissais pas du tout. Plusieurs hommes venaient me voir en prenant pour acquis que, puisque j’avais déjà fait un trip à trois, je voudrais le refaire, et en me demandant si je voulais coucher avec eux.

Comment t’es-tu sentie par rapport à cette discrimination ? Comment fais-tu en sorte qu’elle t’atteigne moins ?

P1 : C’est surtout décevant de voir que, de nos jours, la société met encore de la pression à être sexuellement actif.ve à partir d’un certain âge. De me faire juger pour respecter mon rythme et mon corps m’a souvent fait me remettre en question et me demander si j’étais normale. J’avais honte de m’écouter et je trouve cela affreux. J’ai beaucoup travaillé pour que cela m’atteigne moins, mais ce n’est jamais quelque chose que j’ai totalement accepté et divulgué ouvertement. Toutefois, je n’ai jamais menti ou créé d’histoires à ce sujet. J’ai réalisé avec le temps que le plus important était de bien me sentir avec cette décision. Je ne voulais pas me mettre la pression d’être active sexuellement simplement pour me débarrasser de ma virginité.

P2 : Au début, je m’en foutais un peu, mais j’ai réalisé que je culpabilisais beaucoup et que j’avais honte. Pour pouvoir bien vivre avec le fait que j’ai eu un trip à trois, je mettais cette prise de décision sur le compte de mon état d’ébriété. Avec le temps, j’ai appris à lâcher prise sur l’opinion des gens, mais j’ai encore certains regrets par rapport aux personnes avec qui j’ai couché. C’est aussi frustrant de sentir que les autres se donnent le droit d’avoir une opinion sur ta vie sexuelle. J’ai aussi développé le réflexe de dire les insultes ou commentaires avant que les gens aient le temps de me les dire. De plus, je parle plus régulièrement de sexualité en général avec les gens. J’ai réalisé que de vivre cela m’a permis de devenir plus attentive aux perspectives et aux contextes entourant les décisions des gens. J’ai aussi appris à devenir plus indulgente envers moi-même et, bien que ça sonne quétaine, à travailler sur l’amour que j’ai pour moi-même.

Selon toi, pourquoi les gens discriminent-iels ?

P1 : Je crois que les gens se rattachent beaucoup aux normes, malgré une augmentation de l’ouverture d’esprit. Nous devons malheureusement encore entrer dans le moule, être minces, rester aux études, perdre sa virginité à la fin de l’adolescence, etc. Selon moi, les gens discriminent souvent lorsqu’iels ne comprennent pas. Dans mon cas, je crois que les gens ne comprenaient pas que j’attends d’être confortable avec quelqu’un, voire d’être en amour, avant d’offrir mon corps, mon intimité et ma vulnérabilité.

P2 : Je crois que dans ma situation, il y avait une part de jalousie, puisque ce n’est pas tous les jours que l’on fait un trip à trois, peut-être aussi de la curiosité et du malaise. C’est plus facile de catégoriser les gens, de donner des étiquettes. Donc, la discrimination apparait lorsque les gens cherchent à comprendre.

Quel est le rapport avec mon âge ?

Selon toi, as-tu déjà été victime de discrimination ? Quel en était le motif ?

P3 : J’ai déjà été victime de discrimination dans le cadre de mon emploi, c’est-à-dire lorsque je surveillais des visites supervisées. Des client.e.s ont tenté de discréditer mes relations avec mes client.e.s  ainsi que mes interventions puisque, d’après elleux, j’étais jeune, et donc, incompétent !

P4 : Oui, selon moi, j’ai déjà été victime de discrimination en raison de mon âge. Je suis considérée comme une jeune maman puisque j’ai 22 ans, ce qui n’est pas commun aux yeux de la société. On m’a souvent fait sentir que j’étais trop jeune pour être capable d’élever un enfant.

Quels comportements les gens avaient-iels envers toi ?

P3 : Les parents m’ont cité à comparaitre à la cour, ayant pour motif que j’étais trop jeune pour faire être superviseur de visite supervisée, et donc, que je n’avais pas les qualifications nécessaires pour faire cet emploi. Cependant, cet argument ne tient  pas puisque d’autres organismes offrent les services de visite supervisée avec des bénévoles uniquement, n’ayant, contrairement à moi, aucune formation scolaire.

P4 : Une fois, lorsque je suis allée à la pharmacie chercher la prescription de mon fils, l’employé.e de laboratoire m’a demandé à plusieurs reprises si c’était bien moi la mère du bébé. Iel n’avait pas l’air de me croire, ni d’être en accord avec le fait que j’aille un nouveau-né. Iel m’a ensuite regardé avec un air découragé et a soupiré avant de me donner la prescription.

P4 : Aussi, petit fait cocasse, j’ai remarqué que lorsque je suis avec mon fils les gens m’appellent madame, alors que lorsque je suis seule les gens m’appellent mademoiselle.

Comment t’es-tu senti.e par rapport à cette discrimination ? Comment fais-tu en sorte qu’elle t’atteigne moins ?

P3 : Je me suis senti impuissant face à cette situation, je n’avais aucune manière de faire comprendre aux parents que mon âge n’allait pas affecter mes capacités à faire mon travail. Pour moi, la meilleure manière de contrer cette discrimination fondée sur mon âge a été de sourire et d’expliquer mon cheminement scolaire ainsi que mes emplois dans des domaines variés m’ayant offert de l’expérience considérable.

P4 : Dans cette situation, je me suis sentie jugée et déçue. Je me suis sentie incompétente, comme si je n’avais pas les capacités de prendre soin de mon fils. Cela m’a attristé de voir qu’iel me pensait immature et trop jeune, alors qu’iel ne me connaissait même pas. Depuis, j’ai rejoint un groupe de jeunes parents, comme moi, afin de discuter des jugements que nous pouvions rencontrer. Bien que ce soit malheureux, cela me fait du bien de savoir que je ne suis pas la seule à vivre de telles situations.

Selon toi, pourquoi les gens discriminent-iels ?

P3 : Selon moi, les gens discriminent à cause de leurs propres insécurités.

P4 : Je crois que les gens discriminent lorsqu’iels font face à la différence. Ce sont des situations inconnues et peu communes, alors je crois que les gens ont peur et choisissent de discriminer plutôt que d’essayer de comprendre et d’accepter.

Jamais le bon poids!

Selon toi, as-tu déjà été victime de discrimination ? Quel en était le motif ?

P5 : Oui, j’ai déjà été victime de discrimination à plusieurs reprises. Le type de discrimination m’ayant le plus atteint était celui fait à propos de mon poids, lorsque j’étais plus jeune. Plus précisément, j’avais un petit surplus de poids.

P6 : Je peux affirmer que j’ai déjà été victime de discrimination face à mon poids et à mon physique. À l’adolescence, j’ai eu une poussée de croissance tardive et un développement musculaire beaucoup plus lent que la moyenne. De plus, j’étudiais pour faire un métier physique et majoritairement masculin autour duquel il reste encore beaucoup de préjugés à changer. Selon mes pairs, je n’étais pas du même calibre au niveau musculaire, surtout que je pesais moins que le poids normal pour mon âge. Cela faisait en sorte que je n’étais pas nécessairement capable de faire autant d’efforts musculaires ou que j’avais besoin de faire plus d’efforts pour être capable de réaliser les mêmes exercices que les autres.

Quels comportements les gens avaient-iels envers toi?

P5 : Lorsque j’avais mon surplus de poids, j’étais une cible facile. Les gens se sont un peu moqué.e.s de moi, des taquineries ici et là. Toutefois, la situation m’ayant le plus marquée est lorsqu’une professeure m’a comparée à une baleine devant toute la classe alors qu’elle comparait une autre étudiante, plus mince, à une sirène. Inutile de dire qu’elle a été renvoyée.

P6 : Je dirais que les gens étaient un peu méfiant.e.s au niveau de ma capacité à être pompier. Iels se disaient que je ne serais jamais capable d’évoluer dans ce métier.

Comment t’es-tu senti.e par rapport à cette discrimination ? Comment fais-tu en sorte qu’elle t’atteigne moins ?

P5 : Cette intimidation basée sur mon poids m’a fait beaucoup de peine et éventuellement j’ai développé un complexe par rapport à mon corps. Bien sûr, à l’adolescence, et même parfois aujourd’hui, il y a eu de nombreux régimes, le calcul des calories, beaucoup d’entrainement ou même de surentrainement.

P6 : Je crois que j’ai réussi à passer au travers de cette épreuve en transformant la discrimination des autres en motivation pour atteindre mes objectifs. Je savais pousser plus fort et mettre plus d’efforts que les autres pour atteindre mes buts. Selon moi, cela m’a aidé à développer ma force mentale et c’est ce qui m’a aidé à ne jamais lâcher. Oui, je crois que la colère que me faisait ressentir la discrimination m’a aidé à grandir de jour en jour.

Selon toi, pourquoi les gens discriminent-iels ?

P5 : Selon moi, les gens qui discriminent les autres sont celleux qui ont besoin de remonter leur estime en rabaissant les autres. Je crois qu’il est possible qu’iels aient un manque de confiance ou qu’iels veulent se sentir supérieur.e.s.

P6 : Selon moi, il est possible que les gens discriminent par jalousie ou pour suivre le groupe. Dans mon cas, j’avais l’impression que la figure d’autorité m’ayant discriminé le faisait puisqu’elle n’a pas eu la chance de réaliser son rêve, alors elle tentait de me faire échouer également. Maintenant, je crois que de réaliser mon rêve et de montrer que j’ai réussi malgré tout pourra encourager les autres qui sont dans la même situation que moi.

En quoi MON orientation sexuelle TE regarde-t-elle?

Selon toi, as-tu déjà été victime de discrimination ? Quel en était le motif ?

P7 : Oui ! Je me considère queer et j’ai été discriminée en raison de mon orientation sexuelle. J’avais l’impression que les gens sexualisaient le fait que nous étions deux femmes en amour et iels me faisaient sentir que j’appartenais à une minorité.

P8 : Il est certain que la discrimination peut varier selon chaque personne. Dans mon cas, étant homosexuel, je dirais que je me sens victime de discrimination à chaque fois que j’entends les mots « f*** », « t****** » ou le mot « gay » utilisé en tant qu’insulte, très souvent utilisés par les hommes blancs hétérosexuels. J’en ai entendu et vu de toutes les couleurs : p***, f*****, osti de gay, nommez-les ! Y a-t-il réellement un motif acceptable pour discriminer et rabaisser une personne ? Non. C’est inacceptable et, pourtant, il y en a beaucoup plus qu’on ne le pense.

Quels comportements les gens avaient-iels envers toi ?

P7 : Certaines personnes dans ma famille m’ont dit de garder ma sexualité secrète, de ne pas dire aux autres que j’étais attirée par les femmes. Au début, ma mère m’a même dit de ne rien publier sur les réseaux sociaux, par peur qu’elle soit mal perçue par ses ami.e.s, ce qui est très discriminant et dégradant selon moi. J’ai aussi reçu de nombreux commentaires inappropriés tels que « c’est une perte » ou « tu es trop belle pour être avec une fille ». J’ai également reçu des regards dégradants, par exemple lorsque l’on se tenait la main, moi et ma blonde, des regards qui nous sondaient de haut en bas. Étant un couple de femmes, plusieurs hommes âgés nous ont fait des commentaires ou nous ont sifflées.

P8 : Les gens sont très dégradant.e.s. Pour ma part, je reçois plutôt des commentaires désagréables et des insultes. Je crois qu’une des pires situations que j’ai vécues est lorsque l’on m’a traité « d’osti de gay sale » et suggéré que « mes parents devraient me péter le cul vu que tu aimes ça l’anal ».

Comment t’es-tu senti.e par rapport à cette discrimination ? Comment fais-tu en sorte qu’elle t’atteigne moins ?

P7 : Je me suis sentie furieuse que cette situation m’arrive, que je sois sexualisée, non seulement parce que je suis une femme, mais aussi parce que je suis amoureuse d’une femme. Je me sens toujours inconfortable lorsque des situations de discrimination arrivent, comme si je faisais quelque chose d’incorrect ou de sale. C’est aussi affligeant de sentir que mon couple n’est pas pris au sérieux puisque nous sommes deux femmes. Pour ce qui est de ma famille, je me sentais forcée à entrer dans le moule de l’hétérosexualité, de me cacher, parce que l’on me disait que je n’étais pas normale, que c’était « une phase ». Pour contrer la discrimination, je réplique et j’explique comment certaines paroles ne sont pas acceptables. Lorsque ma blonde et moi sommes dévisagées en public, nous nous embrassons pour démontrer que nous ne laisserons pas faire et que nous ne sommes pas inférieures. J’ai aussi maintenant beaucoup plus de conversations afin d’éduquer les gens à propos de la discrimination.

P8 : Ma première réaction est souvent l’incompréhension de la situation. Je me demande ce qu’il se passe dans leur tête pour agir de la sorte. Puis, vient la colère. J’ai toujours ce sentiment de frustration dû au manque de justice et d’égalité lorsque monsieur et madame tout le monde rabaisse une personne pour se sentir supérieur.e. Finalement, quand je me calme, le seul sentiment qui m’habite est la pitié. Vraiment, c’est ce que je ressens, de la pitié, pour ces gens qui doivent être si malheureux.euses avec elleux-mêmes qu’iels se sentent obligé.e.s d’humilier les autres. Par chance, je ne suis pas quelqu’un de gêné dans la vie. Je fais valoir mes opinions et ma personne, et je n’ai pas peur de le faire. Parfois, j’ignore la situation et parfois je me sens d’attaque pour tenir tête à mon attaquant.e.

Selon toi, pourquoi les gens discriminent-iels ?

P7 : Dans mon cas, je crois que les gens peuvent discriminer par ancienne mentalité ou par croyance. Je dirais surtout que les gens discriminent selon les normes sociales, notre système sociétal étant contrôlé par les normes établies et étant créé pour bénéficier à certaines personnes et d’en réduire d’autres. Je trouve dommage que notre société ne rende pas plus normales la différence et la diversité.

P8 : Selon moi, les gens qui discriminent les autres ont des complexes personnels ou sociaux. Iels veulent prouver qu’iels n’appuient pas nécessairement une minorité, peut-être pour ne pas déplaire à la majorité. Je crois que les gens ont un sentiment de supériorité et de contrôle lorsqu’iels discriminent. Selon moi, iels se sentent plus en haut dans la pyramide et veulent le faire savoir. En théorie, nous sommes tous égaux et égales, c’est spécial de penser qu’une personne vaut plus qu’une autre. Je pense aussi que ça peut avoir un lien avec l’éducation reçue et le milieu dans lequel iels ont grandi. Les gens devraient s’aimer pour qui iels sont, arrêter de vouloir plaire aux autres et faire ce qui les rend heureux.euses. La différence c’est beau, c’est magnifique. C’est ce qui nous rend uniques et uni.e.s.

Révisé par Eddy Fortier


Référence

Alexas_Fhotos. (2016, 14 octobre). [Pions en bois sur le sol] [image en ligne]. Pixabay. https://pixabay.com/fr/photos/une-contre-toute-tous-contre-un-1744091/ Brauer, M. (s. d.). Préjugés et discrimination. Dans Encyclopædia Universalis. https://www.universalis.fr/encyclopedie/prejuges-et-discrimination/


[1] Bien que les relations sexuelles ne se résument pas à uniquement cet acte, la personne fait ici référence à la pénétration vaginale par un pénis. Le terme « vierge » est considéré comme un concept hétérocentrique.


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