Pensées partagées – Par Marie Tougne

Je me suis égarée sur mon chemin…

J’ai les pieds sur Terre et la tête dans les nuages. Je crie parfois si fort que le monde ne m’entend pas, mais l’Univers fait résonner en moi ma souffrance. Elle résonne si fort qu’elle devient perceptible. C’est qu’il m’arrive de ressentir une solitude si profonde qu’elle est confortable et que le temps m’a appris à l’appréhender telle la fleur de Saint-Exupéry. J’ai appris à aimer la solitude au point de craindre de m’en détacher par peur de m’égarer. Que faire quand l’on ne sait plus se retrouver après tant d’années ? Peut-être faut-il commencer par s’être déjà connu.e…

Incompréhension…

Il y a, dans ce monde d’abondance, des manques. Des choses que l’on ne retrouverait jamais dans des banques. Il est devenu terrifiant de constater la place laissée aux choses non essentielles et superficielles au détriment des choses de valeur, dont la véritable perte nous laisserait en pleurs. L’estomac rempli sous une maison en vitre sécurisée, c’est mon monde intérieur qui devient soudainement fragilisé par les vagues imminentes de mes pensées destructrices.

À toi, oui… pour une fois…

À toi qui as besoin de l’entendre, je dirais même qui a besoin d’y croire. Un jour, tu auras un déclic et tu te verras non tel que les autres te voient, mais tel que tu devrais et, au fin fond de toi, souhaites te voir. Un jour, tu te caresseras de paroles si douces qu’enfin tu sauras bercer ta personne. Un jour, tu y croiras. Oui, je t’assure, tu y croiras. Tu mérites d’être aimé.e. Tu mérites de te lever le matin en sachant être aimé.e. Par toi avant tout, puis par quelqu’un qui te verra pour qui tu es. Tu mérites de le vivre. Tu mérites d’y croire. Un jour, tu te réveilleras troublé.e par la différence que tu ressens en toi. Ce jour, tu le choisis.

Pensées de minuit…

J’ai toujours aimé la nuit. J’ai toujours aimé l’obscurité qui l’accompagne et qui te rappelle cette boule dans ton ventre : cet espace vide si rempli qu’il devient source de confusion. La nuit est source de réflexion pour les insomniaques ou les troublé.e.s d’esprit, puis de sommeil profond pour ceux et celles sous médication ou à la quête d’aventures et de songes. La nuit est l’expression d’une autre vie. Elle en est une où les êtres sont vulnérables, les esprits parfois alternés, puis les idées révolutionnées. La nuit, tout est permis.

L’attente…

Quand tu attends, plus rien ne vient. Attendre est synonyme d’espoir mené à l’abattoir. Attendre signifie remplacer ce qui est par ce qu’on souhaite voir ou être. Or, ce que l’on souhaite sera rapidement remplacé par un autre souhait à son tour. L’attente est l’interminable infini qui gruge ce qui est déjà donné.

Marche vers l’objectif…

Les secondes s’écoulent et la montre me reflète que le temps presse. Mes maints efforts abattent mon moral et mon pauvre corps affaibli par la fatigue du temps. La perfection imparfaite m’obsède au point de parfois me faire échouer par défaut ou par inattention. Qu’advient-il lorsque la volonté cède sa place à l’impuissance et à la fatigue ?

Exister dans le regard de l’autre au point de s’oublier…

Il est parfois question de vivre chaque jour comme si nous le finissions sur une île déserte. Le soir, seul.e dans son lit, on ne se retrouve qu’avec une personne… soi-même. Sommes-nous capables de nous tolérer, de nous considérer accompli.e.s et fier.ère.s ? À force de constamment vouloir nous prouver et exister dans le regard de l’autre, nous oublions notre valeur ou, du moins, l’évaluons à tort. Les juges de notre personne quotidienne changent à travers le temps, l’espace et le contexte social. Il serait peut-être alors question de considérer se développer personnellement au point de savoir se dire fier.ère.s de soi à la fin de la journée. Vouloir exister dans le regard de l’autre est synonyme de déception imminente.

Marcher les villes du monde…

J’ai envie de marcher dans les villes du monde en côtoyant des cultures qui me sont étrangères et des endroits qui sont historiquement chargés de souvenirs lointains. J’ai envie d’entendre des langues inconnues qui traversent des chemins qui ont été piétinés par de nombreux.ses étranger.ère.s. J’ai envie de me perdre dans des rues dont les panneaux portent le nom de personnes qui ont eu un impact. J’ai envie de saliver devant des vitrines qui me présentent des mystères gustatifs. J’ai envie de rencontrer des gens qui seront inoubliables de par leur bagage et de par leur vécu. J’ai envie de m’éduquer au point de ne jamais oublier. Inconnue parmi les murs, jamais on ne pourra me retracer.

Le mal qui se prononce sans lever la main…

Qu’advient-il des blessé.e.s d’esprit qui teintent leur environnement de noirceur et réagissent de façon si irrationnelle et incompréhensible pour autrui ? À toi, tristesse, à toi qui tranches la gorge de ceux et celles qui souhaitent exprimer leur mal. À toi qui joues le rôle de fausse docteure. À toi qui t’imprègnes de l’être des gens et qui arrives si soudainement, sans cogner, à des occasions inopportunes. À toi qui fais que, soudainement, entouré.e. de gens, on se sente si profondément seul.e. À toi qui fais que des cascades émergent de mes yeux alors que mon âme tente de retenir la plus petite des gouttes d’eau depuis des heures. À cette absence de contrôle que tu me fais ressentir. Je te déteste, mais qu’est-ce que je t’aime… Qui et que serais-je, au final, sans toi ?

Ce que la lune a chuchoté au soleil…

Envie de croire en un monde où la lune chuchote au soleil qu’elle aussi se charge d’éclairer la noirceur du monde en pleine nuit, qu’elle prend la relève et qu’elle s’assure que même à minuit, le cœur de ceux et celles qui sont blessé.e.s puisse se rattacher à sa source lumineuse.

Révisé par Mégane Therrien


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